Le négociateur du Parlement européen pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le Belge Guy Verhofstadt (ADLE), a déclaré, mardi 22 novembre, que les négociations avec Londres devront se clôturer avant les élections européennes de 2019, ce qui laisse une « fenêtre de négociations de, ni plus ni moins, 14, 15 mois ».
M. Verhofstadt a tenu ces propos à l'issue de sa rencontre à Bruxelles avec le ministre britannique en charge du ‘Brexit’, David Davis, qui a entamé une série de visites pour rencontrer les responsables européens aussi en charge de cette question. Après avoir rencontré le négociateur en chef de la Commission européenne, Michel Barnier, lundi, il a discuté, le lendemain à Strasbourg, avec M. Verhofstadt.
Ce dernier a ainsi souhaité mettre en garde son homologue britannique sur le fait qu’il n’existait, à l’heure actuelle, qu’une fenêtre de 15 mois pour mener à bien ces négociations de sortie, alors même que le pays n'a toujours pas notifié formellement son désir de ne plus faire partie de l'Union. Le Belge a également rappelé à M. Davis que les instances européennes n’accepteraient pas que le Royaume-Uni puisse conserver son accès au marché intérieur en limitant le principe de la libre circulation.
« Nous nous sommes accordés sur plusieurs choses, sur le besoin de faire démarrer ce processus aussi tôt que possible et sur le besoin de le conclure dans tous les cas avant les élections européennes », prévues en mai 2019, a expliqué M. Verhofstadt après sa rencontre avec M. Davis, a rapporté l’AFP. « Donc, la fenêtre de négociations est, ni plus ni moins, de 14, 15 mois ». Ce sera donc « une période très intense », a-t-il ajouté. Il a, par ailleurs, estimé qu’il faudra plusieurs mois, à partir de la fin de 2018, pour que le Parlement européen donne son aval à l’accord définitif sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
Le chef de file du PPE au PE, l’Allemand Manfred Weber, a également rencontré M. Davis. Je n'ai « rien entendu de nouveau », a-t-il confié lors d’un point presse. « Pour nous, c’est clair : les quatre libertés fondamentales ne sont pas négociables », a-t-il dit, ajoutant ensuite qu'il attendait une position « claire » de la part du Royaume-Uni.
Lundi matin, MM. Barnier et Davis s’étaient entretenus dans le cadre d'une rencontre « de courtoisie », à la demande de David Davis, a souhaité préciser le Français sur son compte Twitter, puisqu'aucune négociation officielle ne peut être entamée tant que le pays n'aura pas activé l'article 50 des Traités. Cette visite ne servait pas à ouvrir les négociations, on a seulement voulu « déblayer le terrain en vue d'un dialogue constructif et d'une sortie calme et ordonnée dans l'intérêt de tous », a déclaré, de son côté, le ministère britannique, à l’AFP.
Églament présent à Bruxelles lundi, le ministre écossais du 'Brexit', Michael Russell, a, lui, affirmé qu’il demanderait à l’UE et au Royaume-Uni des conditions spécifiques pour l’Écosse. Si cela devait lui être refusé, alors les Écossais s'exprimeraient en faveur de l'indépendance, a-t-il dit. (Solenn Paulic)