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Bulletin Quotidien Europe N° 11673
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

Les renouvelables et le gaz grands gagnants du nouveau système énergétique à l'horizon 2040, selon l'AIE

L'édition 2016 des perspectives énergétiques mondiales de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dévoilées par son directeur exécutif, Fatih Birol, lundi 21 novembre à Bruxelles, souligne de grandes transformations du paysage énergétique mondial d'ici 2040, où les énergies renouvelables et le gaz naturel seront les grands gagnants de la course visant à satisfaire la demande mondiale croissante.

L'analyse détaillée, fournie par ce rapport, des engagements pris pour mettre en oeuvre l'accord international sur le changement climatique conclu fin 2015 à Paris, constate que l'ère des combustibles fossiles semble loin d'être terminée et souligne la nécessité d'objectifs climatiques plus ambitieux, même si les politiques gouvernementales et les baisses de coût permettent de doubler la part des renouvelables dans le bouquet énergétique mondial et l'amélioration de l'efficacité énergétique d'ici 2040 et si le gaz a un rôle accru dans le bouquet énergétique tandis que les parts du charbon et du pétrole déclinent.

Le gaz, l'éolien et le solaire seront clairement les gagnants pour remplacer le charbon, mais, dans la pratique, les politiques gouvernementales seront déterminantes, avertit M. Birol.

En outre, la transformation du bouquet énergétique mondial signifie que les risques en matière de sécurité énergétique évoluent aussi : les préoccupations traditionnelles pour l'approvisionnement en pétrole et en gaz demeurent et sont renforcées par des baisses records des investissements, souligne l'AIE.

À court terme, une nouvelle baisse des investissements en amont du secteur pétrolier en 2017 créerait un risque significatif de déficit de l'offre d'énergie conventionnelle d'ici quelques années.

À long terme, les investissements dans le secteur du pétrole et du gaz restent essentiels pour répondre à la demande et remplacer la production en baisse, mais la croissance des renouvelables et de l'efficacité énergétique atténue le recours aux importations de pétrole et de gaz dans de nombreux pays, précise l'AIE, soulignant aussi que la hausse des expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) au plan mondial modifiera également la perception de la sécurité d'approvisionnement en gaz.

En parallèle, le caractère variable des énergies renouvelables dans la production d'électricité, notamment issue de l'éolien et du solaire, nécessite d'attacher une attention nouvelle à la sécurité d'approvisionnement en électricité, ajoute l'agence.

La demande mondiale de pétrole continuera de croître jusqu'en 2040 en l'absence d'alternatives faciles au pétrole dans le fret routier, l'aviation et la pétrochimie. Toutefois, malgré le doublement de la flotte de véhicules d'ici 2040, la demande de pétrole des voitures particulières devrait diminuer grâce à l'amélioration de leur efficacité, aux biocarburants et à l'essor des voitures électriques, prévoit l'AIE. De son côté, la consommation de charbon ne croîtra guère au cours des 25 prochaines années, la demande en Chine commençant à reculer grâce à ses efforts de lutte contre la pollution de l'air notamment.

L'AIE anticipe aussi une transformation du marché du gaz, où la part du GNL dépassera celle du gaz acheminé par gazoducs et représentera plus de la moitié du commerce mondial du gaz à longue distance par rapport à 2000. Dans un marché déjà bien approvisionné, la production nouvelle de GNL en Australie, aux États-Unis et ailleurs va rendre les marchés plus concurrentiels, ajoute-elle.

Enfin, au regard de l'accord de Paris, l'AIE prévient que la réalisation d'objectifs climatiques plus ambitieux sera extrêmement difficile sans changement radical dans le rythme et l'efficacité de la décarbonisation. Selon elle, le respect des engagements internationaux actuels pour mettre en œuvre l'accord ne fera que ralentir la hausse prévue des émissions de carbone liées à l'énergie - la faisant passer de 650 millions de tonnes par an depuis 2000 à près de 150 millions de tonnes par an en 2040, ce qui permettrait seulement de limiter la hausse des températures mondiales moyennes à 2,7°C d'ici 2100.

Le chemin pour limiter le réchauffement climatique à 2°C est difficile, mais il peut être atteint, si des politiques visant à accélérer l'utilisation de nouvelles technologies à faibles émissions de carbone et l'efficacité énergétique sont mises en place dans tous les secteurs, insiste l'AIE. Cela nécessiterait que les émissions de carbone atteignent un sommet dans les prochaines années et que l'économie mondiale devienne neutre en carbone d'ici la fin du siècle. Dans le scénario d'une limitation à 2°C, la flotte de voitures électriques devrait dépasser les 700 millions d'unités d'ici 2040 et remplacer une demande de pétrole de plus de 6 millions de barils par jour, précise-t-elle.

Les renouvelables feront des progrès très importants, mais leurs gains resteront confinés à la production d'électricité. Le prochain cap est d'étendre leur utilisation dans les secteurs industriel, des bâtiments et des transports, où le potentiel de croissance est énorme, conclut-elle. (Emmanuel Hagry)

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