Plusieurs organisations du secteur de l’aviation ont réagi au rapport du Parlement européen adopté jeudi 10 novembre sur le projet de règlement relatif à la sécurité aérienne (EUROPE 11665), à commencer par l’ETF, le syndicat qui représente les travailleurs du transport au niveau européen, pour qui le « Parlement européen souffle le chaud et le froid ».
L’organisation syndicale salue le fait qu’il soit maintenant reconnu une interdépendance claire entre la sécurité aérienne et les facteurs sociaux économiques, notamment dans le cadre des études d’impact de politiques européennes actuelles et à venir. En revanche, l’ETF regrette le soutien apporté par la commission ‘transports et tourisme’ à la mise en place d’un service minimum pour les tours de contrôle responsables de la gestion du trafic aérien lors des grèves – réclamé de longue date par les compagnies aériennes (EUROPE 11579). « Les États où il y a des grèves ont déjà un service minimum en vigueur », rappelle à EUROPE François Ballestero, responsable politique pour le secteur de l'aviation civile et du tourisme à l'ETF. « La vraie solution est l’instauration d’un dialogue social de qualité », selon lui.
Les compagnies aériennes semblent, quant à elles, particulièrement insatisfaites du texte adopté par les parlementaires, à en croire A4E, qui regroupe plusieurs gros acteurs européens, tels que Air France/KLM, Lufthansa ou encore RyanAir. Pour cette dernière société, les parlementaires ont commis deux impairs : le rejet de la rationalisation des processus de leasing des avions en cas d’imprévus, qui empêchera d’agir vite pour fournir un vol lors d'un incident, et le manque de transparence dans le transfert des charges des compagnies aériennes en vue de financer l’EASA (European Aviation Safety Agency). « Deux décisions qui vont avoir un coût additionnel pour les clients », commente la compagnie. (Pascal Hansens)