Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE ont appelé, lundi 14 novembre, à la mise en œuvre par toutes les parties, du plan d’action conjoint sur le nucléaire iranien, alors que le futur président américain, Donald Trump, a promis de « déchirer » ce « pire accord jamais négocié » lors de la campagne électorale.
Constatant « avec satisfaction » que toutes les parties - l’E3+3 (France, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis, Russie, Chine) et l’Iran - mettaient en œuvre le plan d’action, les ministres, dans leurs conclusions, ont rappelé que « la mise en œuvre intégrale et effective du plan d’action devait se poursuivre de manière continue pendant toute la durée de l'accord ». Ils expliquent aussi qu’il est « indispensable » que toutes les parties respectent leurs engagements afin de continuer à rétablir la confiance. Dans un paragraphe spécifique aux États-Unis, le Conseil « se félicite que le bureau américain de contrôle des avoirs étrangers délivre des licences d'exportation en vue de la livraison à l'Iran d'avions commerciaux pour le transport de passagers », espérant « que cela se poursuivra ».
Les ministres rappellent aussi la volonté de l’UE de développer ses relations avec l’Iran. Ils se sont dits favorables à une « stratégie coordonnée prévoyant un développement progressif des relations avec l'Iran dont la portée soit globale, qui permette de coopérer sur les questions d'intérêt mutuel et de se montrer critiques en cas de divergences ». Le dialogue politique, les droits de l'homme - pour lesquels les Européens appellent à un effort -, la coopération économique, le commerce et l'investissement, l'énergie et le changement climatique, la coopération nucléaire civile, l'environnement, la lutte contre le trafic de drogue, la migration, les questions régionales et humanitaires, font partie des sujets que les Européens souhaitent développer avec les Iraniens.
Les ministres estiment d’ailleurs qu’il est « primordial que l’Iran prenne des mesures concrètes et constructives susceptibles de contribuer à améliorer de manière effective la situation dans la région ». Le Conseil engage Téhéran à user de son influence sur le régime syrien pour faire cesser les violences contre les civils, le personnel humanitaire et les infrastructures civiles et humanitaires, permettre un accès humanitaire total et sans entrave dans tout le pays et œuvrer de manière constructive à un processus politique négocié. L’Iran doit aussi contribuer pleinement à préparer le terrain pour la reprise d'un processus politique inclusif et mené par les Syriens. Les ministres invitent également le pays à s’abstenir de mener des activités susceptibles de renforcer la méfiance, telles que les essais de missiles balistiques. (Camille-Cerise Gessant)