Peu de progrès en matière de transparence, de financement climatique et de relèvement des ambitions avant et après 2020 ont été engrangés lors de la première semaine de négociations à la COP 22 de Marrakech, mais c’est de bonne guerre : les décisions de cette ‘COP de l’action’, qui s’achèvera le 18 novembre si les parties ne jouent pas les prolongations, ne sont attendues qu’à la fin de la deuxième semaine.
La pression sur les gouvernements devrait monter d’un cran lors de ce deuxième segment de la COP, entrée dans sa phase décisive lundi 14 novembre, raison pour laquelle l’UE est désormais représentée par le commissaire européen à l’Action pour le Climat, Miguel Arias Cañete, et le ministre slovaque, Lazlo Solimos, représentant la Présidence tournante du Conseil (EUROPE 11665). Tous les yeux sont tournés vers la première réunion de l’organe de direction des parties à l’Accord de Paris, mardi 15 novembre, à laquelle participeront le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de nombreux chefs d’État et le secrétaire d'État américain, John Kerry, déterminé à convaincre Donald Trump d'agir pour le climat.
À la veille de cette première réunion des parties à l’Accord de Paris – on dénombrait 109 ratifications le 13 novembre, avec celle du Burkina Faso et du Botswana, deux pays africains -, l’UE et la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, sont convenues, lundi à Marrakech, de renforcer leur partenariat. De quoi mettre un peu de baume au cœur à toutes les parties, refroidies par les déclarations climatosceptiques du président américain élu, Donald Trump. « Le leadership UE-Chine pour le climat et l’énergie propre est plus important que jamais. Nous sommes convenus de renforcer notre coopération », a déclaré, ravi, le commissaire Miguel Arias Cañete sur son compte Twitter.
Lundi a vu aussi le lancement officiel de la coalition internationale pour l’interdiction des sacs en plastique, au lendemain de la journée de l’Action pour les océans. Karmenu Vella, commissaire européen à l’Environnement, qui a présenté la communication de la Commission sur l’amélioration de la gouvernance des océans, attendait de cette journée internationale la confirmation formelle d'un consensus. C'est chose faite. Pour l’UE, la conférence de Marrakech doit permettre de démontrer que la transition vers une économie mondiale à faible intensité de carbone est en cours et doit agir comme le catalyseur de nouvelles actions.
Samedi, les dirigeants du secteur du transport durable ont montré que la lutte contre les émissions provenant des transports est à la fois possible et rentable, en faisant état des progrès réalisés au sein de quinze initiatives de référence couvrant tous les modes de transport et plus de 100 pays.
Ségolène Royal, présidente de la COP 21, a également remis les premiers trophées de l’adaptation au changement climatique en Méditerranée pour des projets exemplaires (voir autre nouvelle). Le même jour, invitée dans l’Émission politique (sur France 2) à réagir aux déclarations de campagne de Donald Trump (« We are going to cancel the Paris Climate Agreement and stop »), Mme Royal s’est dite inquiète. « Ce qui est très grave, c’est que les États-Unis remettent en cause cet accord. Or l’Accord de Paris c’est un enjeu économique considérable, c’est un enjeu de sécurité planétaire, c’est un enjeu de paix dans le monde », a-t-elle déclaré.
Avec 17,6 milliards d’euros déboursés en 2015 en faveur des pays en développement, l'UE fait du soutien aux efforts d'atténuation et d'adaptation de ces pays une priorité (EUROPE 11661, 11654). La Banque européenne d'investissement a confirmé à Marrakech son engagement à soutenir l'action pour le climat et à accroître l'impact de ses investissements pour le climat en Europe et en Afrique.
« La BEI reconnaît l'importance d'un financement à long terme pour s'attaquer au changement climatique et au rôle croissant de la finance climat pour stimuler la croissance économique », a déclaré Jonathan Taylor, vice-président de l'institution. Fière d'afficher une réduction de 22% de ses émissions par rapport à 1990 (EUROPE 1165), l'UE espère démontrer qu'elle agit déjà pour atteindre son objectif 2030 (une réduction d’au moins 40%). Mais l'ONU a déjà averti toutes les parties que l'objectif d'un réchauffement planétaire moyen de 2 degrés est actuellement hors de portée (EUROPE 11660). Pour l'objectif de 1,5°C, l'UE attend de disposer du rapport du GIEC de 2018 pour savoir ce qu'il représente exactement en termes d'action. (Aminata Niang)