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Bulletin Quotidien Europe N° 11667
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Les Européens veulent garder tous les canaux de communication ouverts

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a affirmé, lundi 14 novembre, à l’issue du Conseil Affaires étrangères, que les Européens voulaient surtout garder « ouverts tous les canaux (de communication) avec les autorités turques, l’opposition et la société civile ».

Ces canaux « sont ouverts à tous les niveaux » pour qu'on soit sûr de pouvoir « communiquer les uns avec les autres », a dit Mme Mogherini. Elle a ajouté qu’il était important que ces canaux de communication restent ouverts entre un pays candidat et les vingt-huit États membres, alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, vient d'annoncer qu’il pourrait organiser un référendum en 2017 sur le processus d’adhésion à l’UE. Un tel référendum sera organisé si aucune décision n'est prise par les Européens d’ici à la fin de l’année, a-t-il affirmé, alors que les chefs de la diplomatie de l'UE étaient réunis à Bruxelles.

Si le ministre belge, Didier Reynders, a souhaité que la Haute Représentante se rende « bientôt » à Ankara pour débattre avec les autorités turques de la situation, celle-ci n’a pas annoncé de visite sur place dans l'immédiat. En attendant une telle visite éventuelle, c’est le ministre allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui fera le déplacement sur place, mardi 15 novembre.

« L’UE ne veut pas couper les ponts avec la Turquie, à part peut-être une exception ou deux, ni couper les ficelles, ni suspendre les ficelles. On ne veut pas que le dialogue soit interrompu », a insisté le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Il a toutefois reconnu que, « pour l’instant, il est difficile de dire que le dialogue existe encore ». Entre fermer les yeux sur la situation et couper tous les ponts, « il y a un échiquier de moyens que l’on peut appliquer », a-t-il dit, sans vouloir donner plus de détails. « Personne ne veut laisser tomber la Turquie, mais nous espérons que la Turquie ne nous laissera pas tomber avec des décisions qui vont carrément à l’encontre des critères de Copenhague », a-t-il ajouté. Il a surtout cité le retour de la peine de mort dans le pays, en guise d'exemple.

Si, en apparence, les Européens semblent plus ou moins unis, des divergences persistent. Et si Mme Mogherini a cité la déclaration commune adoptée la semaine dernière, celle-ci est en réalité le plus petit dénominateur commun. Elle n'a fait finalement que rappeler les préoccupations européennes quant à la situation en Turquie.

L’Autriche reste sur une ligne dure à l'encontre de la Turquie, alors que le Royaume-Uni se montre beaucoup moins enclin à critiquer Ankara. « Je ne suis pas pour la poursuite des négociations d'adhésion et je suis convaincu que cette Turquie-là n'a pas sa place dans l'Union européenne », a ainsi souligné le ministre autrichien, Sebastian Kurz à son arrivée au Conseil. Il a ajouté que son pays s’opposerait à l’ouverture de nouveaux chapitres d’adhésion dans les prochains mois. Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, a, lui, affirmé une position à l'opposé, en plaidant pour une approche qui ne placerait pas Ankara « dans un coin ». Il s'est dit opposé à toute forme de « réactions excessives (qui seraient) contraires à nos intérêts collectifs ». (Camille-Cerise Gessant)

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