Le maire de la petite île grecque de Lesbos, Spyros Galinos, a demandé à l’UE et ses États membres de respecter leurs engagements concernant la relocalisation des migrants, lors d’une conférence de presse tenue à Bruxelles mardi 18 octobre en compagnie du député européen, Stelios Kouloglou (GUE/NGL, grec) et du vice-président du Parlement européen, Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec).
Cette conférence a été organisée dans le cadre de l’événement Solidacities - une initiative stratégique des gauches européennes lancée mardi au PE et organisée par 12 eurodéputés. Cet événement se voulait être un véritable appel à la solidarité à travers un débat en matière d’accueil de réfugiés entre représentants des principales villes, société civile et partis de gauche en Europe.
« Les hommes ne sont pas des numéros, mais les chiffres sont parfois très éloquents », a déclaré M. Papadimoulis. Lesbos est en effet une petite île de 85 000 habitants située dans le nord-est de la mer Égée. En 2015, près de 500 000 réfugiés – principalement en provenance du Moyen-Orient – sont arrivés sur l’île, et 95 000 d’entre eux y sont toujours présents en 2016.
« Nous haussons la voix pour que les mesures et les quotas décidés soient respectés par tous les États membres. Mais pour cela, il faut un suivi des procédures et tous les États membres doivent se conformer aux décisions prises, ce qui est loin d’être le cas. », a affirmé M. Papadimoulis. Les financements qui arrivent à la Grèce en matière de réfugiés ont énormément de retard et vont en grande partie à des organisations non gouvernementales et non pas à l’administration grecque.
« L’accord UE/Turquie nous met des bâtons dans les roues »
Les trois principaux camps de réfugiés de l’île de Lesbos accueillent aujourd’hui près de 6 500 personnes, alors que la capacité maximale de ces trois sites n’est que de 3 500 places. Le maire de Lesbos, Spyros Galinos, demande « un partage du fardeau » entre pays et villes européens. L’accord passé entre l’UE et la Turquie empêche toutefois tout déplacement de réfugiés. « C’est une absurdité, cet accord nous empêche de répartir le fardeau », a déclaré M. Galinos.
Par ailleurs, les retards en termes de relocalisations des réfugiés et de demandes d’asile s’accumulent dans certains États membres. Ces retards sont si importants qu’il s’agit, selon le maire de Lesbos, « d’un manque de volonté politique qui vient menacer l’intégration européenne. L’UE est beaucoup trop souple avec certains États membres, comme celui de M. Orban. Il est grand temps que chacun prenne ses responsabilités ». (Thomas Régnier, stagiaire)