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Bulletin Quotidien Europe N° 11648
ACTION EXTÉRIEURE / Albanie

Pour M. Bushati, la politique d’élargissement doit retrouver son âme

Le ministre albanais des Affaires étrangères, Ditmir Bushati, a estimé, mardi 18 octobre, que le processus d’élargissement était devenu « bureaucratique » et avait perdu son âme.

« Il n’y a plus d’âme politique dans le processus d’élargissement », a regretté le ministre lors d’une conférence à l’EPC. On ne peut pas cacher que le processus d’élargissement est différent de ce qu’il était il y a 10 ou 15 ans, a-t-il aussi expliqué, précisant qu'il est plus difficile de faire approuver une réforme en faisant référence à l’élargissement.

M. Bushati a souhaité que les Européens s’attaquent à cette question. « J’espère que les États membres fondateurs et les autres membres, alors que l’on approche des 60 ans du Traité de Rome, vont arriver avec des idées sur comment travailler ensemble », a-t-il ajouté.

Le ministre a révélé que la narrative des rapports entre l’UE et les Balkans occidentaux portait sur la gestion des crises et non sur l’adhésion. Selon lui, ces deux dernières années, les discussions lors de la session entre États membres et pays candidats organisée à l'occasion des Conseils informels Gymnich, ont porté sur la crise migratoire, les défis sécuritaires et de terrorisme. « Nous n’avons pas discuté du développement économique et social, ni de l’inclusivité ou des instruments pour matérialiser toutes ces politiques entre l’UE et les Balkans occidentaux », a-t-il expliqué. Le ministre a ajouté que, s’il y avait un pacte de stabilité et un pacte de connectivité, avec le processus de Berlin, entre l’UE et les pays des Balkans occidentaux, il manquait un pacte pour le développement et la démocratie. « C’est ce qui manque vraiment », a-t-il insisté. 

Revenant sur le processus d'adhésion de son propre pays, candidat depuis juin 2014, le ministre albanais a espéré que la Commission européenne, dans son rapport de progrès qui devrait sortir en novembre, recommande l’ouverture des négociations d’adhésion. « Je crois qu’il y aura toutes les conditions pour que, d’ici la fin de l’an prochain, l’Albanie puisse s’asseoir autour de la table des négociations et voir clairement un calendrier concernant l’ouverture des différents chapitres », a-t-il ajouté. Il a précisé qu’entre-temps, il était important de s’assurer que la mise en œuvre de la réforme de la justice et des autres priorités (réforme de l'administration publique, lutte contre la criminalité organisée et la corruption, protection des droits de l'homme et politiques anti-discriminations et mise en œuvre des droits de propriété). (Camille-Cerise Gessant)

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