Le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, le Belge Gilles de Kerchove, a appelé le Parlement européen, et notamment sa commission des libertés civiles, à faire preuve d’ « ouverture » sur la question des données personnelles et, notamment, des bases de données policières que l’UE tente actuellement de rendre interopérables à travers une interface unique.
Lors d’une discussion sur les leçons à tirer des récents attentats terroristes dans l’UE, le coordinateur a estimé que, pour renforcer la prévention et, à terme, la sécurité des Européens, il « faudra des informations supplémentaires », par exemple quand il s’agira de bien distinguer les vrais demandeurs d’asile de migrants économiques ou de potentiels terroristes infiltrés dans les flux de migrants.
Pour le coordinateur, l’interopérabilité des bases de données telles que le Système d’information Schengen ou le PNR européen ou Eurodac, la base de données des empreintes digitales des demandeurs d’asile, constitue le dossier le plus important à venir, a-t-il dit.
Pour le reste, le coordinateur a salué l’arrivée du commissaire britannique à l’Union de la sécurité qu’il voudrait voir, à terme, reprendre sa propre place, signe que la Commission a totalement intégré la lutte antiterroriste, a-t-il suggéré.
En ce qui concerne l’état actuel de la lutte contre le terrorisme, M. de Kerchove a assuré aux députés que, s’il restait encore du travail en matière d’échange et de collecte des informations, les États membres avaient en revanche réalisé de vrais progrès au cours des derniers mois et alimentent désormais davantage les bases de données européennes. Au cours de cet échange, le coordinateur a encore plaidé pour la prévention et la lutte contre la radicalisation, notamment sur Internet, le Belge notant que, si « de moins en moins d’Européens se rendent en Syrie, car c’est plus compliqué, de plus en plus s’inspirent » des djihadistes, par exemple en ligne.
Selon lui, l'un des grands défis que devra relever l’UE à terme sera le retour des combattants étrangers en Europe. « Certains voudront se rendre dans d’autres points comme la Libye, d’autres voudront rentrer », M. de Kerchove demande donc à l’UE de se préparer pour le retour de centaines ou milliers de jeunes gens « quand le califat (État islamique) tombera ». Le coordinateur a également souligné que les nouvelles craintes en Europe portaient sur les modus operandi, tels que le recours aux voitures piégées ou aux armes chimiques. (Solenn Paulic)