La Commission européenne présentera, mercredi 28 septembre, des propositions en matière de transparence, notamment afin de rendre obligatoire l’enregistrement sur un registre public des lobbyistes actifs dans le domaine des affaires européennes. L’idée serait aussi d’étendre ce registre aux groupes de pression qui interviennent auprès du Conseil de l’UE.
Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a confirmé, lundi 26 septembre à Bruxelles, en répondant à des questions de la presse sur la polémique autour du pantouflage de José Manuel Barroso au sein de la banque américaine Goldman Sachs, que la Commission allait présenter mercredi des initiatives pour améliorer la transparence.
Mais il a souligné que l’objectif était surtout d’améliorer la transparence « autour » et non pas « à l’intérieur » de la Commission Juncker, en référence aux activités des lobbyistes. M. Schinas a rappelé que la Commission Juncker avait déjà fait beaucoup en la matière dès son entrée en fonction en novembre 2014, « en anticipant en quelque sorte l’intérêt de l’opinion publique pour la transparence ». « Nous n’avons pas de leçon à recevoir en matière de transparence », a-t-il même lancé.
Barroso en contact étroit avec la banque américaine durant son mandat à Bruxelles
José Manuel Barroso a entretenu des contacts étroits avec Goldman Sachs pendant son mandat à la tête de la Commission européenne (2004 à 2014), selon des documents révélés samedi 24 septembre par le journal portugais Publico. Les dirigeants de Goldman Sachs « faisaient parvenir au cabinet de Barroso de manière confidentielle des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l'UE », rapporte le journal qui publie des extraits de lettres et mails obtenus auprès de la Commission. Une lettre du 30 septembre 2013 signée par le patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, fait ainsi état d'une visite discrète de M. Barroso au siège de la banque à New York qui, selon le journal, ne figurait ni à son agenda officiel, ni dans les archives de la Commission.
Sollicité par le journal, M. Barroso a démenti catégoriquement avoir eu une relation spéciale avec une entité financière durant l'exercice de ses deux mandats à Bruxelles. « J'ai naturellement maintenu des contacts institutionnels - transparents et dûment enregistrés dans les archives de la Commission - avec de nombreuses entités politiques, patronales, syndicales et financières », a-t-il fait valoir. Parmi elles figuraient « les principales banques qui opèrent sur le marché européen », dans un contexte de crise financière, a-t-il poursuivi.
La Commission présidée par Jean-Claude Juncker a rappelé les règles adoptées dès la fin de 2014, qui obligent notamment les commissaires à ne recevoir que les représentants d’intérêts qui sont inscrits dans le registre de transparence et à publier ces rencontres sur Internet. Sur les informations portant sur la Commission Barroso, ce sont les règles sur le droit d'accès aux documents des institutions européennes qui sont en vigueur, étant donné qu’il n’y avait pas cette obligation de transparence sur les rencontres avec les lobbyistes, a précisé M. Schinas. Il a enfin relevé que c’est en vertu de ces règles sur l’accès aux documents que les journalistes de Publico ont obtenu les documents sur les contacts de M. Barroso avec la banque américaine. (Lionel Changeur)