Pour la dix-septième conférence des parties à la Convention internationale réglementant le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES - du 24 septembre au 5 octobre à Johannesburg), l’UE, représentée pour la première fois en tant que partie, entend peser sur l’issue de négociations capitales pour endiguer le trafic criminel d’espèces de faune et de flore menacées – au premier rang desquelles, le trafic de l’ivoire que la Namibie et le Zimbabwe veulent reprendre, ont indiqué à la presse européenne quelques hauts fonctionnaires de l’UE, mardi 20 septembre.
Mais la protection des éléphants illégalement abattus pour le commerce non moins illégal de leur ivoire n'est qu’une des grandes priorités de l’UE, lors de cette réunion, puisque la CITES couvre 35 000 espèces animales et de plantes sauvages menacées d’extinction et que pas moins de 200 sujets attendent les 2 000 délégués qui prendront leurs décisions contraignantes à la majorité des deux tiers (EUROPE 11626).
« Le commerce illégal des espèces sauvages est un trafic lucratif qui rapporte entre 8 et 20 milliards de dollars par an aux criminels qui s’y livrent. Endiguer ce trafic est important du point de vue environnemental, mais aussi économique et social. L’UE est un acteur influent avec 28 pays qui défendent une position unie », a souligné un expert. C’est forte de son plan d’action contre le trafic d’espèces menacées, adopté en juin dernier, que l’UE défendra ses priorités.
Trafic de l’ivoire. L’UE veut voir l’interdiction en vigueur renforcée par des mesures robustes de mise en œuvre, fondées sur des recommandations ciblées aux contrevenants, une obligation de faire rapport pour ces contrevenants et de possibles sanctions commerciales dissuasives, comme le fut en son temps « la menace d’interdiction du commerce des orchidées thaïlandaises, pour inciter ce pays à agir pour la protection des éléphants », a précisé un haut fonctionnaire.
Espèces de bois de rose. L’UE veut une protection internationale pour ces espèces dont est friand le marché asiatique du bois pour fabrication de meubles. « En l’absence d’instrument juridique, l’Asie n’agit pas. C’est l’un des trafics les plus lucratifs ». Une résolution UE/Afrique (Sénégal/Gabon) est sur la table sur les bois de rose et la corruption, une autre proposition émane des pays d’Amérique latine. Ce que vise l’UE est l’adoption d’une résolution consignant noir sur blanc la nécessité de combattre la corruption et d’assurer un suivi.
Recommandations spécifiques. L’UE soutiendra les nombreuses recommandations spécifiques (200 au total) visant notamment à : - agir sur la demande de rhinocéros, pangolins, bois de rose en Asie et en Europe ; - adopter des critères clairs sur la légalité et la durabilité des trophées de chasse. « Nous avons présenté une proposition qui rencontre quelques résistances de pays qui ne veulent pas trop de réglementation », ont souligné les experts européens.
Financement et participation des délégués. L’UE appelle les donateurs à fournir des fonds, dans la transparence, pour garantir la participation des pays en développement. « Ces ressources ne doivent pas être fournies directement à ces pays en vue d’obtenir un soutien sur certaines questions ! »
Espèces marines. L’UE veut l’inclusion des espèces de requins et de raies dans la CITES.
Animaux de compagnie, Étant un marché important pour les espèces exotiques importées - comme le perroquet vert d’Afrique, le macaque barbary ou le poisson cardinal de Banggai - l'UE souhaite renforcer la protection de ces espèces.
S’agissant des coraux, dont beaucoup d’espèces sont déjà protégées (mais pas le corail rouge de Méditerranée), l’UE soutient une proposition américaine qui ne vise pas pour l’heure l’inclusion de nouvelles espèces, mais un état des lieux pour avoir une vue d’ensemble de l’état de conservation des coraux, ont indiqué les hauts fonctionnaires. (Aminata Niang)