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Bulletin Quotidien Europe N° 11625
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Jai

Le PE rappelle aux États membres leurs obligations en termes de relocalisation des demandeurs d'asile

Le Parlement européen a adopté le 15 septembre à Strasbourg le rapport de Ska Keller (Verts/ALE, allemande) sur la relocalisation d’urgence des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l'Italie.

Dans une résolution non contraignante approuvée à une majorité confortable (470 voix pour, 131 contre et 50 abstentions), les députés ont réclamé à une large majorité que les États membres honorent d’urgence leurs engagements de relocaliser 160 000 demandeurs d’asile depuis la Grèce et l'Italie vers les autres États membres. Ils ont en ce sens rejeté une proposition de la Commission européenne visant à mobiliser 54 000 places d’un plan de relocalisation des réfugiés de Grèce et d’Italie vers d’autres États membres, et de les utiliser pour réinstaller des Syriens venus de Turquie dans l’Union européenne, conformément à l’accord UE-Turquie sur les migrations en mars dernier (EUROPE 11515).

Avec cette proposition, Les États membres pourraient déduire le nombre de réfugiés syriens provenant de Turquie du nombre de demandeurs d’asile qu’ils s'étaient engagés à accueillir et provenant de Grèce et d’Italie.

Mais le PE a objecté que le plan de relocalisation de réfugiés au sein de l’UE ne devrait pas être confondu avec le plan de réinstallation, qui implique un État non européen.

« Les États membres ont boycotté la relocalisation des réfugiés. Pas un seul État membre n’a - de près ou de loin - respecté ses engagements concernant l'accueil des réfugiés en provenance de Grèce et d'Italie où les camps restent terriblement surpeuplés », a réagi la députée allemande. « Certains États membres, comme la Pologne ou la Hongrie, n’ont toujours pas accueilli le moindre demandeur d’asile quand d’autres se sont contentés d’un nombre ridicule de personnes. Même l'Allemagne, qui avait défendu avec ferveur la relocalisation, n’a atteint que 1% de son quota », a-t-elle ajouté.

Mercredi 14 septembre à Strasbourg, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait appelé la présidence slovaque du Conseil de l’UE à travailler pour lever les réticences des pays membres relatives à l'accueil des demandeurs d’asile. Mais il a aussi reconnu que la solidarité devait « venir du cœur » et ne pouvait pas être « imposée », semblant suggérer que l’UE ne poursuivra peut être pas devant la Cour de justice de l'UE les États refusant de relocaliser des réfugiés déjà présents dans l'UE et, partant, contrevenant à la législation européenne (EUROPE 11394). M. Juncker a aussi appelé les États membres à adopter des mesures d’urgence pour prendre en charge les mineurs non accompagnés.

Au 14 septembre 2016, 4798 réfugiés avaient été relocalisés depuis la Grèce et l’Italie. (Solenn Paulic)

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