Pays membre du G20 et ancienne colonie britannique membre du Commonwealth, l'Autralie est déjà en discussions avec le Royaume-Uni pour négocier un accord de libre-échange qui entrerait en vigueur après la sortie de ce dernier de l'UE ('Brexit'), a confirmé le Premier ministre australien, Malcom Turnbull, en marge du sommet du G20 de Hangzhou, dimanche 4 et lundi 5 septembre.
M. Turnbull a assuré être « très engagé » avec le Premier ministre britannique, Mme Theresa May, pour disposer d'un tel accord lorsque le Royaume-Uni aura quitté l'UE, rapportaient plusieurs médias, mardi 6 septembre.
Les discussions vont s'accélérer puisque le ministre australien du Commerce, Steven Ciobo, est attendu cette semaine à Londres pour « des discussions exploratoires sur le modèle d'un accord commercial », a confirmé Mme May lundi.
La dirigeante britannique a aussi annoncé que d'autres pays - l'Inde, le Mexique, la Corée du Sud et Singapour - étaient aussi « disposés à ouvrir des discussions » pour « lever leurs barrières commerciales » vis-à-vis du Royaume-Uni après le 'Brexit'.
Mme May n'avait pas caché son intention de saisir l'occasion du sommet de Hangzhou pour présenter à ses pairs du G20 les opportunités commerciales qui s’ouvriront à travers le monde pour le Royaume-Uni après le 'Brexit', affirmant le souhait d'entamer dès maintenant des pourparlers bilatéraux afin de faire de son pays un « leader mondial du libre-échange » après le 'Brexit'.
Cela lui avait valu un recadrage du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, qui avait rappelé, dimanche 4 septembre, que la négociation d'accords de libre-échange était une compétence exclusive de l'UE. « Je n’aime pas l’idée que des pays membres de l’UE, y compris ceux qui en font encore partie, négocient des accords commerciaux. Il s’agit d’une attribution exclusive de l’UE, en vertu des traités et nous devons nous y tenir », s'était-il agacé.
À Hangzhou, Mme May s'est entretenue avec l'hôte du sommet, le président chinois Xi Jinping, dans la perspective de « développer le partenariat stratégique » entre leurs deux pays et « perpétuer un âge d'or dans les relations sino-britanniques ».
Le Japon a, lui, dit s'inquiéter de l'incertitude liée au 'Brexit' pour ses entreprises implantées au Royaume-Uni, enjoignant « fortement » Londres d'agir pour en minimiser les effets négatifs.
Enfin, les États-Unis, dont le Royaume-Uni est le partenaire privilégié dans l'UE, ont reconnu avoir eu « des discussions » sur le commerce, mais le président américain, Barack Obama, a signifié que la négociation d'un accord de libre-échange avec l'UE (TTIP) restait la priorité. (Emmanuel Hagry)