20 ans après la première déclaration de Cork adoptée en 1996 à l'initiative du commissaire Franz Fischler, les 333 participants à la conférence de Cork ont pris connaissance, mardi 6 septembre dans la même ville, d'une nouvelle déclaration sur la politique de développement rural de l'UE.
'Une vie meilleure dans des zones rurales' : tel est le titre de la déclaration 2.0 de Cork sur le développement rural. Sur la période 2014-2020, les programmes de développement rural représentent au total des investissements de 161 milliards d'euros de fonds publics, dont 99,6 milliards de fonds européens. La déclaration de 1996 contenait dix orientations (préférence rurale, approche intégrée, diversification, simplification...).
La nouvelle déclaration comporte dix points : - promotion de la prospérité rurale (notamment intégration des migrants, renforcement de l'identité rurale, approche intégrée, diversification) ; - renforcement de la chaîne de valeur rurale (économie verte, qualité des produits, demande de nourriture saine, actions collectives, relations contractuelles transparentes et outils de gestion des risques) ; - investissement pour la viabilité et la vitalité des zones rurales (services publics et privés, infrastructures, éviter la fracture numérique, importance de la connectivité, meilleur lien entre zones rurales et urbaines, emplois bien rémunérés pour inciter les jeunes à rester en zone rurale) ; - préservation de l'environnement rural (gestion des sols, préserver les biens publics et le patrimoine naturel et culturel, écotourisme, promotion des produits alimentaires) ; - gestion des ressources naturelles (eau, sol, biodiversité, solutions innovantes pour produire plus en utilisant moins de ressources) ; - action pour le climat (mise en oeuvre de stratégie d'atténuation et d'adaptation, stockage du carbone, gestion correcte des nutriments, biomatériaux, économie circulaire) ; - connaissance et innovation (compétences, mise en réseau...) ; - gouvernance rurale ; - simplification ; - performance.
En matière d'innovation, les participants au panel ont noté qu'il fallait plus de cohérence dans les investissements pour qu'ils profitent bénéficient à toutes les régions. Dans ce groupe, des critiques ont été émises concernant le système des paiements directs, qui n'inciterait pas les exploitants à innover. En outre, la bioéconomie a été considérée comme un vivier pour offrir de nouvelles possibilités d'emploi.
Les participants ont salué le consensus autour d'un nouvel agenda pour le développement des territoires ruraux.
Czesław Adam Sierkierski (PPE, polonais), président de la commission de l’agriculture du Parlement européen, a insisté, lors des interventions de lundi, sur le problème généré par l’exode rural et a estimé qu’il fallait jeter des ponts entre les zones urbaines et les zones rurales. Il a reconnu que le niveau de vie s’était amélioré dans les campagnes, mais a souligné l’importance d’accroître la disponibilité des technologies de l’information dans les zones rurales. M. Sierkierski a aussi insisté sur la nécessité de lutter contre les pratiques commerciales déloyales.
Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, a estimé notamment qu’il fallait trouver des moyens de réduire la complexité des règles de la politique de développement rural.
Gabriela Matečná, ministre slovaque de l’Agriculture et présidente en exercice du Conseil, a déclaré qu’il fallait améliorer l’équilibre entre financement public et financement privé et a conseillé d’utiliser davantage les instruments financiers et d’en faire plus en matière de simplification des règles de la politique agricole commune (PAC). Elle a estimé, de manière plus générale, que la PAC devait être un modèle pour de nouvelles politiques européennes. La réunion informelle des ministres européens de l'Agriculture, du 11 au 13 septembre, à Bratislava, sera consacrée notamment au renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire. (Lionel Changeur)