Lors du 11ème sommet du G20 qui se tiendra dans la ville chinoise à Hangzhou les dimanche 4 et lundi 5 septembre, les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Conseil européen, Donald Tusk, insisteront sur le respect des engagements déjà pris pour notamment stimuler la croissance économique, lutter contre l'évasion et la fraude fiscales et maintenir l'élan dans la préservation du climat.
« La première des priorités, c'est la mise en œuvre des engagements pris » depuis le sommet de Brisbane de 2014, a déclaré un fonctionnaire européen de haut rang, mardi 30 août.
En novembre 2014, le sommet du G20 de Brisbane avait adopté un plan d'action visant à accroître la croissance mondiale de 2% d'ici à 2018 par rapport à fin 2014 (EUROPE 11198). Chaque pays du G20 s'était inspiré de ce plan d'action pour bâtir des stratégies nationales de croissance qui ont été revues à mi-parcours au niveau des ministres des Finances. À Hangzhou, un plan d'action révisé listant des engagements concrets sera adopté.
« Nous soulignerons l'importance d'un langage crédible en faveur d'une croissance durable et inclusive, qui mobilise tous les outils disponibles dans les domaines monétaire, budgétaire et structurel », ont indiqué MM. Juncker et Tusk, dans une lettre sur les priorités européennes pour le sommet du G20 adressée aux leaders européens. Sur l'économie européenne, les Européens assureront à leurs interlocuteurs que les fondamentaux économiques de l'Union sont solides malgré la perspective d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE à moyen terme. Et selon eux, la stratégie économique européenne, qui fait la part belle aux investissements par le biais notamment du plan 'Juncker' d'investissement, est adéquate.
Dans le domaine financier, la délégation européenne soulignera l'importance que la révision en cours du cadre 'Bâle III', qui sera finalisée fin 2016, soit soumise à une étude d'impact détaillée et n'accroisse pas de manière significative les exigences en capital bancaire. Dans le domaine fiscal, elle plaidera pour que l'échange automatique d'informations entre les pays du G20 débute en 2018. « Nous avons besoin de critères internationaux pour identifier les juridictions non coopératives et qui servent de base solide à la liste commune européenne qui sera adoptée en 2017 », soulignent aussi MM. Juncker et Tusk (EUROPE 11534).
À noter qu'en marge du sommet aura lieu un déjeuner des ministres des Finances auquel participera le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.
Migration. Alors qu'à Antalya, en novembre 2015, ils avaient qualifié la crise des réfugiés syriens de sujet d'inquiétude mondiale (EUROPE 11431), les leaders du G20 évoqueront à nouveau le phénomène migratoire. MM. Juncker et Tusk plaideront en faveur d'« une réponse globale pour gérer la crise des réfugiés sans précédent et traiter ses causes profondes », alors qu'un sommet spécifique se tiendra en marge de l'assemblée générale de l'ONU. Ils rappelleront notamment que l'UE envisage de mettre sur pied un plan d'investissement extérieur s'inspirant du plan 'Juncker' en vue d'aider les pays d'origine à lever des fonds et à agir pour fixer économiquement leur population (EUROPE 11567).
En marge du sommet, les ministres des Affaires étrangères du G20 se réuniront sans la Haute Représentante de l'UE, Federica Mogherini, qui participera à la réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères, à Bratislava. À Hangzhou, MM. Juncker et Tusk n'ont pas prévu, à ce stade, de rencontrer le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, ni le président russe, Vladimir Poutine. Ce dernier s'entretiendra de l'Ukraine avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande (EUROPE 11607). (Mathieu Bion)