Les objectifs universels de développement durable à l'horizon 2030 et la ratification de l’Accord de Paris sur le climat seront à l’Agenda du sommet du G20 d’Hangzhou (Chine) les 4 et 5 septembre (voir autre nouvelle et EUROPE 11611).
Ces deux sujets tiennent à cœur à l’Union européenne à en juger par la lettre conjointe publiée mardi 30 août par le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour énoncer leurs priorités en amont de cet événement.
Si la Chine et les États-Unis ont déjà annoncé qu’ils confirmeraient le 2 septembre la ratification de l’Accord de Paris avant la fin de l'année, l’Union européenne ne pourra pas en faire autant, pas plus d’ailleurs que l’Italie et le Royaume-Uni également membres du G20.
À ce jour, la France, membre du G20 et présidente en exercice de la COP 21, est le seul État membre de l’UE à avoir bouclé la ratification. Le processus de ratification est néanmoins bien avancé en Allemagne qui a décidé en juillet d’accélérer le mouvement, à la très grande satisfaction de Ségolène Royal, présidente de la COP 21 (EUROPE 11588).
« Le sommet avalisera un plan d’action sur l’Agenda 2030 pour le développement durable, mettant en exergue les contributions collectives du G20 pour la réduction de la pauvreté et le développement durable. C’est aussi une opportunité importante de conserver l’élan pour une ratification et une mise en œuvre rapide de l’Accord de Paris », soulignent MM. Tusk et Juncker, conscients que le temps presse pour donner corps aux engagements pris.
La proposition de ratification de l’Accord par l’UE, présentée par la Commission en juin, est sur la table du Conseil de l'UE et du Parlement européen. Les États membres, pour leur part, ont été invités à accélérer le mouvement pour boucler leurs procédures nationales de ratification aussi vite que possible en vue de permettre à l’UE et aux Vingt-Huit de déposer, ensemble, leurs instruments de ratification auprès du Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques (UNFCCC) (EUROPE 11576 ).
L’Accord de Paris, conclu le 12 décembre 2015, entrera en vigueur quand 55 parties représentant 55% des émissions mondiales l’auront ratifié. A ce jour, 57 pays représentant 59,88% des émissions mondiales de GES ont annoncé qu’ils l’auront ratifié avant la fin de l’année – une raison d’être "optimiste" pour Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la UNFCCC. Toutefois, seuls 22 pays représentant 1,08% des émissions ont joint le geste à la parole, selon l’ONG Climate Analysis.
S’exprimant mardi 30 août devant le corps diplomatique français à Paris, le Président français, François Hollande, s’est inquiété de la lenteur du processus. « La première urgence, c’est l’entrée en vigueur de l’accord avant la fin de l’année, et c’est loin d’être acquis », a-t-il déclaré. Dans une Tribune parue dans le quotidien Le Monde, l’ancien président de la COP 21, Laurent Fabius, a souligné que le retard dans la ratification « suscite, chez moi, comme chez beaucoup d’autres, une inquiétude », ajoutant que « des difficultés majeures apparaissent ou se confirment qu’il serait irresponsable d‘occulter », concernant l’application des dispositions du texte et des décisions adoptées à Paris. Le président de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre a déjà lancé un appel à toutes les parties pour que les instruments de ratification soient déposés avant l’ouverture de cette grande conférence de négociation. (Aminata Niang)