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Bulletin Quotidien Europe N° 11612
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ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

M. Erdogan est un obstacle à l’adhésion de la Turquie à l’UE, selon le commissaire Oettinger

Le commissaire européen à l'Économie et à la Société numérique, Günther Oettinger, a estimé, mardi 30 août, que la Turquie ne rejoindrait probablement pas l’Union européenne tant qu’elle serait dirigée par le président Recep Tayyip Erdogan.

« C’est une question qui sera probablement à l'ordre du jour après Erdogan », a déclaré le commissaire dans un entretien publié par le quotidien allemand Bild« Étant donné les conditions actuelles, une adhésion n’est pas réaliste avant que la prochaine décennie soit bien engagée », a-t-il ajouté.

Interrogé sur ces propos, le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a dissocié l’institution de son commissaire. « La position de la Commission est exprimée par le président de la Commission (Jean-Claude Juncker), la vice-présidente (et Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité) Federica Mogherini et par le commissaire à l’Élargissement, Johannes Hahn) », a-t-il souligné. Les discussions sur l'adhésion de la Turquie à l'UE ont commencé en 2005, mais n’avancent guère, entre autres en raison de la position turque sur la République de Chypre.

Les commentaires du commissaire Oettinger ne devraient pas être du goût du président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, son concitoyen Elmar Brok (PPE, allemand), qui a appelé, le même jour, à un dialogue apaisé entre l’UE et la Turquie, à la suite de la tentative de coup d’État ratée du 15 juillet. « J’ai le sentiment qu’il faut redescendre d’un cran sur le plan rhétorique et, à partir de là, beaucoup de choses pourront être réglées de façon beaucoup plus raisonnable », a-t-il dit aux membres de la commission des affaires étrangères, lors d’un rapport sur son voyage en Turquie, qui a eu lieu du 23 au 25 août.

Il a regretté « la cacophonie de part et d'autre ». « Une Turquie qui continuera d’être la cible de critiques raisonnables (…) doit pouvoir avoir de bonnes relations avec nous. Il en va de notre propre intérêt géostratégique. Il est important que la Turquie soit à nos côtés et (n'aille pas) pas dans une direction différente », a-t-il ajouté. M. Brok a également précisé que, lors de ses différentes rencontres, il n’avait jamais perçu de tentative de chantage vis-à-vis de l’UE, en référence aux menaces de rompre l’accord passé avec l'UE pour la reprise de migrants et réfugiés.

Et si M. Brok, tout comme le rapporteur pour le PE, Kati Piri (S&D, néerlandaise), a reconnu que la Turquie n’était actuellement pas en position d’avancer dans ses négociations d’adhésion, il a soutenu, avec d'autres députés européens, qu’il était important d’ouvrir les chapitres de négociations 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (liberté, sécurité, justice) pour faciliter le dialogue sur les droits de l’homme. Il a aussi affirmé qu'il ne croyait pas à un retour de la peine de mort en Turquie évoqué après le coup d'État et qui signerait la fin des négociations d’adhésion. « On nous a dit en Turquie qu'il n'y avait pas de projet de loi pour la réintroduction de la peine de mort », a-t-il dit. (Camille-Cerise Gessant)

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