Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker - vont plaider, lors du sommet du G20 de Hangzhou (Chine), les 4 et 5 septembre, pour que l'engagement promis par le club des plus grandes économies mondiales de résister au protectionnisme soit respecté dans la pratique et pour que l'épineuse question des surcapacités dans l'acier soit traitée au niveau multilatéral.
« Inverser le ralentissement de la croissance du commerce et de l'investissement étranger signifie relancer les efforts visant à ouvrir les marchés et uniformiser les règles du jeu ainsi que communiquer les avantages du commerce aux citoyens tout en répondant à leurs préoccupations », estiment MM. Tusk et Juncker, dans une lettre adressée aux dirigeants des pays de l'UE, mardi 30 août. « Le G20 a une responsabilité particulière pour étayer le système commercial multilatéral. Il devrait donc fournir des orientations véritables pour l'agenda du commerce et de l'investissement à l'échelle mondiale. L'engagement à résister au protectionnisme ne doit pas seulement être renouvelé, mais renforcé dans la pratique », insistent-ils.
À Hangzhou, « l'UE sera un ardent défenseur du commerce libre et équitable, c'est-à-dire promouvant les normes environnementales et sociales », nous a confié une source diplomatique mardi.
MM. Tusk et Juncker plaident aussi pour une « action urgente et efficace » pour réduire les surcapacités dans les secteurs de l'acier et d'autres industries, y compris en s'attaquant aux subventions et autres mesures qui faussent le marché. « Il est nécessaire de trouver une solution aux surcapacités dans le secteur de l'acier. C'est une question multilatérale à traiter », a insisté notre source, précisant qu'il y a une « intention » de créer un forum de l'OCDE pour suivre l'évolution du secteur.
Les dirigeants de l'UE vont aussi plaider pour la ratification, par les pays de l'OMC, avant fin 2016 et la mise en oeuvre rapide de l'accord sur la facilitation des échanges, qui vise à simplifier et alléger les procédures douanières et accroître la participation des pays en développement aux échanges mondiaux.
Ils vont aussi insister pour l'ouverture de discussions à l'OMC sur de nouvelles questions telles que le commerce numérique, l'investissement ou les restrictions à l'exportation. En matière d'investissement, les pays du G20 devraient approuver à Hangzhou des principes directeurs pour une plus grande cohérence des politiques d'investissement.
En outre, il est attendu que le G20 donne une forte impulsion pour la conclusion, d'ici la fin 2016, des négociations pour un accord plurilatéral sur la libéralisation des biens environnementaux.
Modeste reprise du commerce des biens du G20. Selon les derniers chiffres de l'OCDE publiés mardi, le commerce des marchandises des pays du G20 a enregistré une croissance modeste au deuxième trimestre de 2016, pour la première fois depuis début 2014, mais il reste nettement en dessous des sommets post-crise. Les exportations des pays du G20 ont progressé de 1,5% et leurs importations de 2%, après respectivement sept et huit trimestres consécutifs de baisse, reflétant la hausse des prix du pétrole (à près de 50 $ le baril en juin 2016, contre environ 35 $ le baril en décembre 2015). (Emmanuel Hagry)