En janvier 2015, la Commission européenne a adopté une communication qui explique les marges de flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance et les conditions selon lesquelles ces marges peuvent être activées, a rappelé son porte-parole, Margaritis Schinas, mardi 30 août, interrogé sur les récentes déclarations du Premier ministre français sur la rigidité du Pacte.
La veille, M. Valls avait vu d'un bon œil un assouplissement des règles budgétaires européennes. « La gauche européenne, sociale-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l'assouplissement des règles du Pacte de stabilité, pour lutter contre le 'dumping' social et la fuite fiscale, sur le dossier des travailleurs détachés », avait-il déclaré lors d'un meeting de rentrée de la majorité gouvernementale dans le sud-ouest du pays. De cette manière, le socialiste s'inscrit dans la droite ligne de la position sur l'avenir de l'Union européenne à vingt-sept États membres que défendent les sociaux-démocrates au niveau européen (EUROPE 11607).
À neuf mois des élections présidentielles, le gouvernement français critique ainsi ouvertement la vertu budgétaire qu'ils ont promis de respecter et retire son soutien aux négociations commerciales transatlantiques (voir autre nouvelle).
La communication de la Commission de janvier 2015 énonce les conditions permettant à un État membre qui accomplit des réformes structurelles, promeut l'investissement et fait face à des circonstances exceptionnelles (catastrophes naturelles, afflux migratoire) de bénéficier de la flexibilité existante du Pacte (EUROPE 11229). Ces règles sont plus souples pour les pays situés dans le volet préventif du Pacte (déficit public inférieur à 3% du PIB), comme l'Italie, que pour les pays faisant l'objet d'une procédure pour déficit excessif, comme la France. (Mathieu Bion)