Bruxelles, 27/06/2016 (Agence Europe) - Le vote négatif au référendum pourrait mettre la petite enclave britannique dans une situation délicate, notamment si le Parti populaire espagnol était reconduit à la tête de l'Espagne à la suite des élections législatives qui se sont tenues le 26 juin, nous a confié Sir Graham Watson, à la tête de la représentation de Gibraltar à Bruxelles, lundi 27 juin.
Plus encore que l'Écosse et l'Irlande du Nord, l'enclave de Gibraltar a voté à plus de 96% en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union (EUROPE 11580). Pour Sir Graham Watson, la différence dans les résultats référendaires ne remettra pas en cause les relations entre le Royaume-Uni et Gibraltar pour autant. En revanche, le 'Brexit' aura, à n'en pas douter, des conséquences sur les relations de Gibraltar avec l'Union, et notamment avec l'Espagne, avec qui les rapports diplomatiques sont délicats, et ce de longue date (EUROPE 11323 et 7627). Cependant, les difficultés pourraient être exacerbées dans le cas où le Parti populaire espagnol, qui a obtenu dimanche 137 sièges de députés sur 350, était reconduit au pouvoir. « Historiquement, les relations entre Gibraltar et l'Espagne ont toujours été plus simples lorsqu'il y avait un gouvernement de gauche », a observé M. Watson.
Le jour de la proclamation des résultats du référendum britannique, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, avait proposé une souveraineté partagée sur l'enclave britannique entre l'Espagne et le Royaume-Uni, afin de permettre aux habitants britanniques de Gibraltar d'accéder au marché intérieur européen. Or, selon Sir Watson, « aucun Gibraltarien ne soutient cette proposition ».
Plus globalement, le gouvernement de Gibraltar considère, dans un communiqué daté du 27 juin, que le 'Brexit' n'est pas formellement en marche tant que le Royaume-Uni n'a pas notifié formellement son retrait à l'Union (article 50 du traité sur l'Union européenne). « Le commencement de la procédure est entièrement entre les mains du Royaume-Uni », a ainsi commenté le gouvernement de Gibraltar, s'alignant sur une déclaration du Premier ministre britannique sortant, David Cameron, lundi. (Pascal Hansens)