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Bulletin Quotidien Europe N° 11581
INSTITUTIONNEL / (ae) avenir de l'ue

Paris et Berlin prônent un approfondissement de l'UEM

Bruxelles, 27/06/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères français et allemand ont plaidé pour la création d'une présidence permanente de l'Eurogroupe afin d'approfondir l'Union économique et monétaire (UEM), dimanche 26 juin, deux jours après l'annonce des résultats du référendum britannique remporté par les partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (EUROPE 11580).

L'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Français Jean-Marc Ayrault sont d'avis que la fonction de président de l'Eurogroupe devrait être occupée à temps plein. Ils ne vont pas jusqu'à dire que cette personnalité devrait aussi être membre du collège des commissaires européens. À l'heure actuelle, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, accomplit sa mission en plus de celle de ministre des Finances des Pays-Bas. Il a plusieurs fois rejeté l'idée d'une présidence de l'Eurogroupe à temps plein.

Selon les deux ministres, le président à temps plein de l'Eurogroupe rendrait des comptes à une « sous-commission spécifique du Parlement européen » pour la zone euro. À plus long terme, un « organe parlementaire » composé de députés européens et d'élus nationaux aurait « une pleine autorité sur les sujets de surveillance budgétaire et macro-économique », indique la déclaration des deux hommes publiée sur le site du ministère allemand des Affaires étrangères. Il contrôlerait également les activités du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui fournit une aide conditionnelle aux pays de la zone euro, lui-même transformé en un véritable « Fonds monétaire européen ».

Sur le plan macro-économique, MM. Steinmeier et Ayrault prônent une convergence économique accrue au sein de la zone euro qui reposerait sur « un équilibre entre obligations et solidarité ». « Les pays excédentaires comme les pays déficitaires devront agir pour plus de convergence, un alignement unilatéral étant politiquement irréalisable », reconnaissent-ils. Afin de soutenir l'investissement, le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), le bras financier du plan 'Juncker' d'investissement, devrait être élargi et une « capacité budgétaire » propre à la zone euro serait mise en place à partir de 2018.

Un pacte européen de sécurité. Les deux ministres proposent, par ailleurs, l'élaboration d'un « Pacte européen de sécurité ». Au niveau extérieur, ce pacte se déclinerait notamment à travers des interventions plus systématiques dans la gestion de crises ayant une incidence directe sur la sécurité de l'UE, une chaîne de commandement civilo-militaire permanente et de forces de réaction rapide opérationnelles. Sur le plan intérieur, les mesures préconisées concernent la création d'un corps européen de protection civile, d'une plateforme européenne d'échange d'expériences en matière de lutte contre la radicalisation, d'une plateforme européenne de coopération en matière de renseignement. (Mathieu Bion)

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