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Bulletin Quotidien Europe N° 11580
INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Le 'Brexit' fait tomber de haut les marchés et met les banques centrales sur la défensive

Bruxelles, 24/06/2016 (Agence Europe) - Les banques centrales et ministres des Finances du monde entier étaient en état d'alerte maximale au lendemain du référendum britannique qui a débouché sur un vote en faveur d'une sortie de Royaume-Uni de l'UE. Les marchés financiers internationaux ont largement bu la tasse à leur ouverture. À la Bourse de Londres, les cours des actions des principales banques se sont effondrés de 30%. La livre sterling était à son plus bas niveau depuis 30 ans.

Les premiers mots rassurants du Premier ministre britannique, David Cameron, ont d'ailleurs été pour les marchés financiers. « Le monde entier a regardé le choix du peuple britannique, je veux rassurer les marchés et les investisseurs quant au fait que l'économie britannique est fondamentalement forte », a-t-il déclaré vendredi 24 juin dans la matinée.

Face aux secousses sur les marchés, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G7 ont déclaré, dans un communiqué, suivre de près les développements. Selon leur évaluation de la situation, « l'économie et le secteur financier britanniques restent résilients et nous sommes confiants que les autorités britanniques sont bien positionnées pour affronter les conséquences de l'issue du référendum ».

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a déclaré vendredi que l'institution se tenait prête à injecter 250 milliards de livres sterling de fonds supplémentaires pour soutenir le fonctionnement des marchés. La banque centrale se tient prête à fournir des liquidités dans des devises étrangères, s'il le faut, a ajouté M. Carney, assurant que l'institution s'était bien préparée à l'éventualité d'un 'Brexit'.

La Banque centrale européenne a publié une déclaration similaire, se disant prête à fournir des liquidités additionnelles, si nécessaire. La Réserve fédérale américaine était également sur cette ligne.

Pour l'agence de notation Standard and Poor's, Jean-Michel Six, économiste en chef pour l'Europe, a expliqué que la réaction des marchés était plus sévère, car, ces derniers jours, la plupart des sondages suggéraient que le camp du maintien du Royaume-Uni dans l'UE l'emporterait. « La réaction illustre le fait que nous entrons dans un territoire complètement inconnu, où la seule certitude sera l'incertitude », a-t-il ajouté. Selon les estimations initiales de S&P, la croissance britannique devrait diminuer d'un point de pourcentage en 2017 dans un scénario modérément sévère où les investissements directs ne se tarissent pas complètement. À court terme, l'impact économique dépendra partiellement de la capacité de la Banque d'Angleterre à stabiliser la livre.

L'autorité européenne des marchés financiers (AFME), qui, dans le passé, avait mis en garde contre les conséquences d'un 'Brexit', a exhorté les autorités européennes et britanniques à apporter une attention particulière au besoin de stabilité financière à court terme et les négociateurs à faire en sorte que les marchés puissent continuer à opérer de manière efficace à plus long terme.

Tom Parker, vice-président de la Chambre de commerce britannique a résumé l'enjeu lors d'un petit déjeuner de presse, vendredi matin. « Je pense que la question majeure pour nous est celle de l'influence. Le Royaume-Uni sera indubitablement en mesure de négocier une sorte d'accord qui lui donnera l'accès qu'il veut pour les produits et les services. Mais il est susceptible de renoncer à sa faculté d'influencer le cadre politique qui soutient et gouverne le marché dans lequel il opère », a expliqué M. Parker. Il a souligné le fait que le Royaume-Uni avait toujours été un ardent défenseur d'une Europe compétitive, avec un marché ouvert, où il n'y ait pas de protectionnisme.

Les banques vont, quant à elles, évaluer maintenant ce que le résultat du référendum signifiera à long terme, selon Wim Mijs, directeur exécutif de la Fédération bancaire européenne.

Certains observateurs se demandent par ailleurs ce qu'il adviendra de l'Autorité bancaire européenne, basée à Londres. Une source européenne, interrogé sur cette question s'est contentée de répondre que cela serait une question à prendre en considération lors des négociations de retrait du Royaume-Uni.

Certains articles de presse se faisaient par ailleurs l'écho du député européen Elmar Brok (PPE, allemand), qui aurait réclamé le départ du commissaire européen envoyé à la Commission par le gouvernement britannique, Jonathan Hill, en charge des services financiers. Certaines rumeurs font également état d'une résolution qui sera votée par le PE mardi 28 juin, lors d'une session plénière extraordinaire. Contacté, le bureau de M. Brok se refusait à tout commentaire.

La même source européenne rappelait toutefois que le Traité disait bien que les règles s'appliquaient au pays qui notifie sa volonté de se retirer jusqu'au moment du retrait effectif, ce qui vaut également pour le commissaire, qui, sur le plan juridique, pourrait donc rester en place. Le cabinet Hill n'avait pas encore communiqué, vendredi, à l'heure où nous mettions sous presse. (Elodie Lamer et Sophie Petitjean)

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