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Bulletin Quotidien Europe N° 11580
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) royaume-uni

La sortie du pays de l'UE inquiète le Conseil de l'Europe

Strasbourg, 24/06/2016 (Agence Europe) - « Un peu de l'idéal européen a disparu aujourd'hui suite au vote britannique en faveur de la sortie de l'Union », a déclaré l'espagnol Pedro Agramunt (Parti Populaire Européen), en s'adressant, vendredi 24 juin, à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) réunie en plénière à Strasbourg. Selon lui, « il aura une incidence, non seulement sur l'Union européenne, mais aussi sur toutes les organisations internationales, dont le Conseil de l'Europe et son Assemblée parlementaire ».

Les résultats du référendum britannique inquiètent donc à Strasbourg. Au Conseil de l'Europe (COE), on appelle toutefois déjà au « sursaut », afin de « donner une nouvelle impulsion au dialogue interparlementaire en Europe ». Ce dialogue au sein de l'APCE, où le Royaume-Uni reste un acteur majeur, devra être intensifié pour réaliser les idéaux européens. Pour le COE, ces idéaux s'inscrivent dans la défense de ce qui a été à l'origine de sa création en 1949, à savoir la défense de la démocratie, des droits de l'Homme et de la prééminence du droit.

Thorbjorn Jagland, secrétaire général du COE, a rappelé ces principes fondateurs. Il a exhorté tant Londres que les institutions européennes à les garder à l'esprit lorsqu'il s'agira de « convenir du retrait le plus acceptable pour les habitants du Royaume-Uni et de l'Union européenne ».

« Le Royaume-Uni (qui fut membre fondateur du COE, NdlR) ne changera rien à son engagement à ces principes », a assuré Sir Roger Gale, chef de la délégation britannique à l'APCE. Une déclaration dont s'est réjoui Pedro Agramunt, mais qui n'évacue pas une tension latente entre le Royaume-Uni et le Conseil de l'Europe, à savoir celle relative aux relations de Londres avec la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Les décisions de cette instance transnationale sont en effet régulièrement mises en cause au Royaume-Uni. En février 2011, le Parlement britannique est allé jusqu'à refuser de s'aligner sur une décision des juges de la CEDH concernant le droit de vote des prisonniers. Une loi britannique de 1870 fut à l'époque réactivée.

En octobre 2014, les Conservateurs réunis à Birmingham sont allés encore plus loin, en annonçant ouvertement qu'ils avaient le projet de retirer le Royaume-Uni de la Convention européenne des droits de l'homme, de « rétablir la souveraineté à Westminster » et de transformer la CEDH en « organisme consultatif ». Une initiative qui, à l'époque, avait déjà été qualifiée de « flirt avec l'UKIP (parti de l'indépendance du Royaume-Uni) », par le journal The Guardian. (Véronique Leblanc)

 

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