Bruxelles, 24/06/2016 (Agence Europe) - Les chefs d'État ou de gouvernement des États membres, respectant le résultat du référendum, ont souligné, vendredi 24 juin, que celui-ci démontrait la nécessité de réformer l'UE.
Allemagne. « Il n'y a pas à discuter, aujourd'hui est un coup dur pour l'Europe, pour le processus d'intégration européenne », a souligné la chancelière Angela Merkel devant la presse. « L'UE est assez forte pour apporter la bonne réponse », a-t-elle ajouté, précisant que l'Allemagne avait une responsabilité particulière pour que l'unification européenne soit une réussite. Mme Merkel a rappelé qu'il fallait montrer aux citoyens les effets bénéfiques concrets de l'UE sur leur quotidien, ajoutant qu'à l'heure de la mondialisation, il n'était pas possible qu'un État membre s'en sorte seul. L'objectif des négociations sera d'assurer la coopération la plus étroite possible avec le Royaume-Uni, a-t-elle ajouté.
France. Le président François Hollande a souligné que le vote mettait « l'Europe gravement à l'épreuve ». « L'Europe ne peut plus faire comme avant (...). Elle doit montrer, dans ces circonstances, sa solidité et sa force », a-t-il ajouté, dans une allocution prononcée à l'issue d'une réunion ministérielle. « Le danger est immense face aux extrémismes et aux populismes (...) L'Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché, et c'est sans doute à force de l'avoir oublié qu'elle s'est perdue », a-t-il souligné. M. Hollande a annoncé que la France prendrait l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel: la sécurité, l'investissement pour la croissance et l'emploi, l'harmonisation fiscale et sociale et le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique.
Irlande. Le Taoiseach Enda Kenny a annoncé que son gouvernement allait publier un résumé des principales mesures qu'il allait prendre pour faire face aux événements imprévus découlant de la décision du Royaume-Uni. Il a ajouté que les implications du vote sur l'Irlande du nord et sur les relations entre le nord et le sud de l'ile nécessitaient un « examen attentif » (voir autre nouvelle) et que l'Irlande prendrait en compte les intérêts de ses citoyens résidant au Royaume-Uni dans les négociations de 'Brexit'. « L'Irlande, bien sûr, restera membre de l'UE. C'est profondément dans notre intérêt national », a rappelé M. Kenny. « Nous devons maintenant commencer une période de réflexion et de débat sur la façon dont nous pouvons renouveler l'Union des 27 et l'équiper pour relever les défis à venir », a-t-il poursuivi.
Italie. Pour le président du Conseil italien, Matteo Renzi, « nous devons changer l'Europe pour la rendre plus humaine et plus juste. Mais elle est notre maison, notre avenir ». Devant la presse, il a ajouté que la « Maison Europe » devait être « rénovée, rafraichie ».
Espagne. Le premier ministre Mariano Rajoy a expliqué que « tous les États membres, ensemble, doivent réfléchir sur la façon de lutter, comme jamais, pour reconquérir la vigueur de l'esprit fondateur du projet d'intégration européenne et récupérer l'intérêt, l'affection et l'attraction des citoyens » pour ce projet. « Maintenant que nous sommes enfin sortis de la crise, nous devons rapprocher l'action de l'UE des besoins des citoyens », a-t-il ajouté dans son allocution.
Portugal. « Nous devons respecter, avec sérénité, la décision de la majorité du peuple britannique, avec la certitude que le projet européen demeure légitime pour défendre les valeurs qui marquent notre identité commune », a souligné le Président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa.
Pologne. Konrad Szymanski, le secrétaire d'État polonais aux Affaires européennes, a estimé que le rôle de l'UE était de « limiter les dégâts dans nos relations avec le Royaume-Uni ». Il faut être prêt à restaurer nos relations économiques et politiques avec le Royaume-Uni, qui reste un grand voisin européen, a-t-il souligné. L'UE devrait, selon lui, commencer à penser à des « adaptations, à des réformes, car, sinon, nous risquons de perdre encore un ou deux pays dans les 5 ou 6 prochaines années ». « Une UE plus petite n'est pas la solution aux défis que nous avons aujourd'hui », a-t-il conclu.
Hongrie. À la radio hongroise, le Premier ministre, Viktor Orban, a estimé que la leçon la plus importante à retenir était que Bruxelles devait écouter la voix du peuple et que la décision britannique devait être respectée, car « chaque nation a le droit de décider de son destin ». Selon lui, les Britanniques ont voté « Leave » pour montrer leur insatisfaction face à la gestion européenne de la crise migratoire.
République tchèque. Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a souhaité que l'UE change rapidement. « L'Europe doit être davantage prête à agir, être flexible, moins bureaucratique et bien plus sensible à la diversité que les 27 États membres représentent », a-t-il expliqué. Selon lui, le vote britannique ne signifie pas la fin de l'UE.
Slovaquie. (voir autre nouvelle)
Pays-Bas. Bert Koenders, le ministre néerlandais des Affaires étrangères et président du Conseil, a précisé que l'UE, après ce résultat, devra s'occuper des réelles préoccupations des citoyens, que ce soit sur l'emploi, la sécurité et la migration. Il espère que le processus de négociations sera « transparent, prévisible » et qu'il commencera aussi vite que possible.
Belgique. Le Premier ministre belge, Charles Michel, a appelé à ne pas céder à la panique. « Les résultats représentent une claque pour le projet européen. Il faut garder la tête froide, rebondir et prendre des initiatives. Ce référendum doit être utilisé et retransformé en chance, en opportunité », a-t-il expliqué. Il a lancé un « appel solennel » aux 27 et au président du Conseil européen pour la tenue d'un conclave dès juillet. « Nous devons définir nos priorités et mettre en route un nouveau futur pour l'Europe », a-t-il expliqué.
Luxembourg. À l'issue du Conseil de gouvernement, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a parlé d'une décision qu'il « regrettait, mais qu'il fallait respecter. Le challenge consiste maintenant à faire en sorte que l'UE reste attractive. Ne punissons pas ceux qui croient en l'idée européenne ».
Autriche. Pour le chancelier autrichien, Christian Kern, « aujourd'hui (vendredi), n'est pas une bonne journée pour la Grande-Bretagne, pour l'Europe (…) pour notre pays ». Selon lui, l'UE nécessite une réforme qui doit se concentrer « clairement sur les questions économiques et sociales ». « Il n'est pas possible que nous parlions en permanence de compétitivité », a-t-il ajouté. « Comment pourrions-nous faire pour que le projet européen soit à nouveau bien perçu par la population », s'est-il interrogé, tout en ne craignant pas un effet domino.
Malte. Le Premier ministre, Joseph Muscat, a précisé que son gouvernement ne tiendrait « jamais » de référendum sur l'adhésion de son pays à l'UE. « Je ne laisserai pas mon pays se suicider », a-t-il expliqué devant la presse. « C'est le moment pour plus de réflexion, et non pour davantage d'Europe. L'UE doit changer et la solution n'est pas 'davantage de la même Europe', ce qui ne ferait que favoriser une plus grande méfiance parmi les gens (...) », a-t-il poursuivi, soulignant cependant que « l'Europe est un projet formidable ». Le Premier ministre, dont le pays assumera la Présidence tournante au premier semestre 2017, a annoncé que Malte était parfaitement préparée à jouer un rôle important dans les négociations pour le 'Brexit'.
Suède. Ann Linde, ministre des Affaires européennes et du Commerce, a déclaré que la décision britannique allait rendre l'UE « plus faible ». Mais c'est un 'wake-up-call' pour l'UE, qui devra se rapprocher des peuples et fournir de réelles réponses aux défis que sont la crise migratoire, le climat, les emplois. Elle a expliqué que son pays ne suivrait pas la voie britannique. « Nous n'allons pas demander la tenue d'un référendum ou des changements dans les traités. Nous croyons à la stabilité et à un dialogue renforcé avec les peuples », a-t-elle dit. Elle a enfin redouté que les partis populistes et xénophobes bénéficient du 'Brexit'.
Danemark. Pour le ministre des Affaires étrangères, Kristian Jensen, le Danemark « est membre de l'UE et continuera à l'être. Les Danois veulent majoritairement rester dans l'UE ». Un sentiment partagé par le Premier ministre, Lars Lokke Rasmussen, qui a rejeté l'appel du parti populiste anti-immigration danois à un référendum sur l'appartenance du pays à l'UE.
Finlande. Pour le premier ministre Juha Sipila, « le projet européen se poursuit malgré le 'Brexit' ».
Grèce. Pour le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, « nous avons besoin d'un changement immédiat, démocratique et de percées progressistes en Europe. Des changements dans les perceptions, les mentalités et des changements profonds dans les politiques ». Il a ajouté qu'une « nouvelle vision pour une nouvelle Europe » était nécessaire « où les politiques retrouveront la primauté sur les affaires et les technocrates ».
Chypre. Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Ioannis Kasoulides, a déclaré que son pays respectait la décision du peuple britannique et que l'UE devait faire preuve « d'unité et de continuité ». « Nous devons montrer que nous pouvons résoudre cette situation et il faut poursuivre les étapes vers une union bancaire et des marchés des capitaux », a-t-il ajouté.
Estonie. « En tant que dirigeants européens, nous ne pouvons pas nous permettre d'être abasourdis, nous devons garder la tête froide, rester unis et continuer », a souligné le Premier ministre estonien, Taavi Roivas.
Lettonie. Le ministère des Affaires étrangères letton a souhaité qu'« une solution acceptable pour toutes les parties concernées » soit trouvée lors des négociations de 'Brexit'. « Il s'agit d'une occasion sans précédent dans l'histoire de l'UE. Par conséquent, il est difficile de prévoir la durée et les résultats de ce processus », a-t-il prévenu.
Lituanie. Expliquant qu'il ne s'attendait pas au 'Brexit', le Premier ministre, Algirdas Butkevièius, a précisé soutenir des « relations étroites et dynamiques entre l'UE et la Grande-Bretagne dans les années à venir ».
Slovénie. Regrettant mais respectant le vote, le Premier ministre slovène, Miro Cerar, a souhaité que l'UE soit « préservée et renforcée comme une union de paix, de coopération, de liberté et de sécurité ».
Croatie. « Nous allons plaider pour que la sortie n'ait pas d'effet sur l'élargissement, mais nous devons être réalistes, il y aura des conséquences », a prévenu le ministre croate des Affaires étrangères, Miro Kovac, précisant que son pays devrait « s'adapter politiquement » à la sortie du Royaume-Uni.
Roumanie. Pour le président roumain, Klaus Iohannis, « la Roumanie va gérer sans problème l'impact majeur de la sortie britannique de l'UE ».
Bulgarie. « Seules la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce resteront (au sein de l'UE) une fois lancé l'effet domino », a prévenu le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov. (Camille-Cerise Gessant, Maëlle Didion, Lionel Changeur et Pascal Hansens)