Bruxelles, 22/06/2016 (Agence Europe) - Les organisations représentants les autorités locales et régionales ont unanimement regretté le résultat du référendum au Royaume-Uni ce vendredi 24 juin, tout en respectant le vote britannique. Elles appellent maintenant à mener une réflexion en profondeur sur le sens donné à l'Union en prenant en compte les recommandations des régions et des villes.
Le président du Comité des régions (CdR), Markku Markkula, a ainsi regretté la décision britannique (voir autres nouvelles), notamment « à l'heure (…) où nous devons concentrer toutes nos ressources pour répondre aux enjeux brûlants sociétaux, économiques et environnementaux ». M. Markkula a rappelé que les régions allaient continuer d'oeuvrer en faveur de l'investissement, de la meilleure gouvernance et de la cohésion sociale et contribuer aux réflexions sur le futur de l'Union européenne. Pour le CdR, le 'Brexit' signifiera très certainement, à terme, le départ de 24 membres britanniques sur 350 que compte son assemblée.
« Le vote d'une majorité des Anglais et des Gallois en faveur du 'Brexit' révèle le désarroi grandissant des peuples européens vis-à-vis des choix politiques de leurs dirigeants », a déclaré, pour sa part, le secrétaire général du Conseil des Communes et Régions d'Europe (CCRE), Frédéric Vallier. Il a regretté que ce soit l'Union qui soit blâmée, alors que ce sont les États membres qui décident de la politique appliquée par les institutions et des politiques au niveau national. Pour lui, la réflexion sur le futur de l'Europe passe par l'écoute des maires et élus locaux et régionaux, rappelant que le CCRE avait engagé un travail sur ce que devrait être l'Europe en 2030. L'organisation a, dans son réseau, quatre associations britanniques. Leur départ n'est pas à l'ordre du jour, mais leur rôle pourrait être redéfini à l'avenir.
Eleni Marianou, secrétaire générale de la Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM), considère « très décevants » les résultats du référendum, cette décision minant l'intégration et l'unité européenne. Elle aussi a appelé toutes les régions d'Europe à travailler ensemble. La CRPM compte actuellement une dizaine de régions membres britanniques sur plus de 150.
Johanna Rolland, la présidente d'Eurocities, a qualifié la nouvelle « de choc pour l'Europe » et a déclaré qu'il est nécessaire de doter l'Europe d'une nouvelle gouvernance. « L'UE peut être revivifiée si nous prêtons attention aux villes », a-t-elle déclaré. Pour la présidente, les maires ont un rôle important à jouer pour construire une Union axée sur les citoyens, unie et ouverte. Eurocities pourrait voir 19 villes britanniques membres ou partenaires, dont la ville de Londres, quitter ses rangs sur130 membres en tout. (Pascal Hansens)