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Bulletin Quotidien Europe N° 11580
INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Le 'Brexit' fait pousser des ailes aux europhobes

Bruxelles, 24/06/2016 (Agence Europe) - L'appel aux autres nations européennes à suivre le même chemin que le peuple britannique qu'a lancé un Nigel Farage, qui peine aujourd'hui à contenir sa joie, a trouvé écho, plutôt facilement, chez des eurosceptiques traditionnels ou émergents, que ce soit en France, en Allemagne, en Italie ou aux Pays-Bas.

« L'UE a échoué, elle est en train de mourir » et les autres États membres, comme « la Suède, et peut-être l'Autriche, et peut-être même l'Italie », devraient aussi « quitter » l'Union, a affirmé, vendredi 24 juin, M. Farage, qui s'est déjà donné corps et âme pour indiquer la « juste voie » aux Britanniques.

Si l'« échec » de l'UE est un constat parfois partagé au-delà du seul cercle des « eurosceptiques », comme l'ont montré notamment les réactions en Pologne et en France, où les principales forces politiques (le PiS polonais au pouvoir et Les Républicains français, dans l'opposition) demandent un « nouveau Traité », l'idée d'imiter le Royaume-Uni reste encore circonscrite aux partis politiques nationaux, souvent perçus comme les plus extrêmes. Ceux-ci ont été relativement peu nombreux à travers l'Europe à évoquer l'idée d'autres référendums, dans les quelques heures qui ont suivi l'annonce du choix du Royaume-Uni de quitter l'UE.

La présidente du Front national en France et eurodéputée, Marine Le Pen, n'a pas tardé à exprimer tout son bonheur face à un événement qu'elle a qualifié d'« historique », puisqu'il démontre, selon elle, qu'il est tout à fait « possible de sortir de l'UE ». À l'en croire, l'enjeu premier des prochaines élections présidentielles en France (23 avril et 7 mai 2017), pour lesquelles elle devrait se présenter, sera « l'Europe ». Et elle compte bien imiter le Premier ministre britannique en proposant aux Français « le même référendum », tout en espérant que d'autres l'imiteront.

Même son de cloche du côté du Parti pour la liberté du Néerlandais Geert Wilders qui veut aussi un référendum aux Pays-Bas. La Ligue du Nord aurait aimé proposer quelque chose de similaire aux Italiens, mais la Constitution du pays l'en empêche. Le parti va donc tenter, à travers une pétition, de la modifier. Quant au Mouvement cinq étoiles (M5S), qui est fort de ses victoires électorales aux dernières élections municipales à Rome et à Turin, il veut aussi une consultation populaire. Mais celle-ci devrait être limitée à son principal cheval de bataille: la question de la monnaie unique.

Au Danemark, la démarche est un peu différente. Le chef de file de l'extrême-droite, Kristian Thulesen Dahl, a agité la possibilité d'un référendum, tel un épouvantail. Il voudrait en organiser un dans le cas où une décision serait prise à Bruxelles qui irait à l'encontre des intérêts danois. En Allemagne, les appels pour un comportement mimétique lancés par Mme Le Pen et M. Farage ne semblent pas avoir trouvé écho. Le parti de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) n'a pas préparé de réaction coordonnée face à la sortie du Royaume-Uni, mais plusieurs de ses membres n'ont pas caché leur satisfaction, tout en dénonçant l'« échec de l'Europe ». (Jan Kordys)

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