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Bulletin Quotidien Europe N° 11580
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INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Londres devra se passer de 3,7 milliards d'euros de fonds agricoles par an

Bruxelles, 24/06/2016 (Agence Europe) - Comme le peuple britannique s'est prononcé majoritairement le 23 juin en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'agriculture européenne va perdre environ 7% de sa production en valeur.

Une fois que le pays aura officiellement notifié sa décision de sortir de l'UE, on peut s'attendre à ce que le Royaume-Uni ne participe plus aux débats et aux négociations sur les dossiers importants, y compris dans le domaine de la PAC. Selon des chiffres fournis par la DG Agriculture de la Commission, le Royaume-Uni touche annuellement du budget agricole de l'UE 3,7 milliards d'euros par an, dont 3,2 milliards d'aides directes. Des fonds dont le Royaume-Uni devra se passer lorsqu'il quittera la famille européenne.

La production agricole du Royaume-Uni a atteint en 2015 26,2 milliards d'euros, soit 7,1% de celle de l'UE: 9,9% pour la production animale (32,9% pour le secteur ovin) et 5% pour la production végétale. Elle est assurée par 185 000 exploitations (1,7% du total de l'UE) où travaillent quelques 430 000 personnes, soit 1,2% de l'emploi total (contre 4,7% en moyenne dans l'UE). 22% de ces exploitations couvrent plus de 100 hectares, et 4,8% enregistrent un chiffre d'affaires de 500 000 euros ou plus (en 2013).

Le soutien de la PAC au Royaume-Uni a atteint en 2014 3,71 milliards d'euros, soit 7,5% des fonds agricoles européens dépensés cette année-là - dont 86,1% pour les paiements directs, 1,1% pour les mesures de marché (32 millions pour les fruits et légumes, 4,5 millions pour le lait) et 12,8% pour le développement rural.

Fort déficit des échanges agroalimentaires. Les exportations britanniques dans le secteur agricole et agroalimentaire se sont élevées en 2014 à 23,8 milliards d'euros, soit 6,3% des ventes totales à l'étranger, dont 14,55 milliards vers les partenaires de l'UE (8% des exportations totales sur le marché intérieur) et 9,26 milliards vers les pays non-UE (4,7%). Dans le même temps, les importations du Royaume-Uni dans ce secteur ont atteint 50,12 milliards (9,6% du total), dont 37,1 milliards en provenance du reste de l'Union (13,5% du total des achats sur le marché intérieur) et 13,01 milliards en provenance des pays non-UE (5,3%). Les échanges agricoles et agroalimentaires britanniques se sont ainsi soldés, en 2014, par un déficit de 26,31 milliards.

En cas de sortie britannique de l'UE, le Royaume-Uni devra passer de nouveaux accords commerciaux avec l'UE et avec les nombreux pays liés à cette dernière par un accord de libre-échange. En visite en Irlande du Nord, le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, avait mis en garde, le 9 mai, contre le Brexit, soulignant que les paiements de la PAC représentent aujourd'hui 87% des revenus des agriculteurs locaux, 53% en moyenne dans l'ensemble du Royaume-Uni. « Il n'y a pas de garantie du Trésor britannique de pouvoir se substituer à ce soutien », avait insisté le commissaire européen, avertissant aussi que, en cas de sortie de l'UE, il faudrait au pays 8 à 10 ans pour conclure de nouveaux accords commerciaux avec ses ex-partenaires.

Farm Europe estime que le 'Brexit' ne chamboulera pas trop la PAC

Selon le think tank Farm Europe, la Politique agricole commune (PAC), peut, d'un point de vue budgétaire, encaisser le choc du 'Brexit', mais la PAC doit en tirer les conséquences politiques, avec un réel sursaut pour le volet économique qui a montré ses défaillances et provoqué une perte de confiance.

Le Royaume-Uni est un important contributeur au budget général de l'UE, mais il l'est moins en ce qui concerne la PAC. Le Royaume-Uni contribue à hauteur de 10,5% du budget total de l'UE, mais il ne fournit que 5% des titres de la PAC, explique Farm Europe dans un communiqué publié vendredi 24 juin.

En 2014, la contribution du Royaume-Uni au budget de l'UE était de 14,1 milliards d'euros, après déduction du rabais britannique (6 milliards d'euros), tandis que les dépenses de l'UE en faveur du Royaume-Uni ont totalisé 7 milliards d'euros du budget de l'UE: le Royaume-Uni a donc été un contributeur net à hauteur de 7,1 milliards d'euros. En 2013, le Royaume-Uni a reçu 3,9 milliards d'euros via la PAC et a contribué à celle-ci à hauteur de 6,8 milliards d'euros, détaille le think tank. Cela signifie que l'impact global d'un 'Brexit' sur le budget de la PAC serait limité à moins de 5% du budget de la PAC, ou environ 2,9 milliards d'euros par an.

Pour Farm Europe, ce pourcentage de 5% serait « équilibré politiquement en cas d'une négociation financière post-'Brexit', sachant que le gouvernement britannique a toujours été le principal défenseur, dans le groupe des contributeurs nets, des pays qui sont réticents à maintenir le budget de la PAC ». Le Royaume-Uni a toujours défendu une baisse des aides directes (premier pilier de la PAC) au profit de la politique de développement rural (second pilier de la PAC).

Et Farm Europe de demander à l'UE « d'agir face à la crise, violente, que traverse la quasi-totalité des filières agricoles ». L'inaction et les non-choix de ces derniers mois sont indignes d'une grande politique européenne, et ce, d'autant plus quand les moyens budgétaires existent, conclu ce think tank. Il demande au Conseil du juin de prendre des mesures « permettant de relancer les prix du lait ». (Lionel Changeur)

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