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Bulletin Quotidien Europe N° 11575
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Le processus tunisien de transformation est exemplaire, selon la Commission

Bruxelles, 17/06/2016 (Agence Europe) - La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a exprimé « l'admiration et le respect (de l'UE) pour le processus tunisien de transformation de la société », mettant en exergue le rôle qu'y joue la société civile, jeudi 16 juin.

L'implication de la société civile dans ce jeu de transformation, et en particulier dans les négociations avec l'UE, tend à prendre une valeur d'exemple, a-t-il été affirmé en conclusion de la conférence sur le cas tunisien, qui a regroupé de nombreuses organisations de la société civile, à l'initiative du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH), sous l'égide de la Commission européenne, et en présence de Mme Malmström et du ministre tunisien en charge du Dialogue avec la société civile et des Droits humains, Kamel Jendoubi.

Le directeur général en charge de la Politique de voisinage à la Commission, Christian Danielsson, a annoncé qu'une communication était envisagée pour en tirer toute l'expérience quant à la manière de « travailler avec les pays qui font des trajets similaires ». En Europe aussi, la société civile doit être davantage impliquée dans le processus politique, a-t-il noté, en rappelant que la Traité de Lisbonne ouvrait la voie aux contributions des sociétés civiles dans les politiques publiques (article 11). Pour le ministre tunisien, Kamel Jendoubi, le cas tunisien ne devrait pas être réduit à un exemple de « transformation d'un pays musulman ». Ce serait réducteur que de faire ça, a-t-il insisté. Il s'agit plutôt là d'« un sujet de fond » sur la démocratie.

La coordinatrice du « dialogue tripartite » tunisien, Lilya Rebai, a rappelé que, dans le processus tunisien de transformation, 60 ONG tunisiennes étaient impliquées. « Quelque chose s'est construit, on a appris à dialoguer, à savoir dépasser certaines incompréhensions », a-t-elle souligné. « Nous pensions aller plus loin (et) intégrer les députés et la société civile européenne (pour) tenter ensuite de créer une plateforme euro-tunisienne », a-t-elle fait savoir.

Une structure « tripartite » est déjà « originale » en soi, a remarqué le président du REMDH, Michel Tubiana. « Un tel dialogue n'a lieu que s'il y a vie démocratique », a-t-il dit, en se référant aux réticences courantes dans d'autres pays de la région. La Commission européenne ne devrait pas se retrouver en position d'arbitre entre un gouvernement et sa société civile lorsque les deux ne s'entendent pas, a-t-il conclu.

Le débat a été pour une large part focalisé sur les aspects économiques et sur les droits des migrants. « La tendance est à la fermeture » des frontières dans les États membres de l'UE, a constaté Malmström, appelant à « voir comment partager les responsabilités politiques et faire que les solutions soient compatibles avec la législation internationale ».

Sur les questions de commerce, la commissaire a cherché à convaincre que la démarche de la Commission sera prudente. « Un accord de libre-échange ne peut pas tout résoudre, mais il contribuera à la solution des problèmes du pays », a-t-elle dit. Les « négociations sont sans date butoir », ce sera davantage un « exercice d'écoute ». M. Danielsson a détaillé les « freins » existants, tels que la bureaucratie et la corruption. Il a appuyé toutefois le plan quinquennal tunisien, qui a été adopté sur les recommandations du FMI. « Nous reconnaissons le besoin de structurer le dialogue économique interne », a affirmé M. Jendoubi. Il a aussi reconnu que la Tunisie n'avait pas encore su faire face à tout « l'héritage » du pouvoir précédent. (Fathi B'Chir)

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