Bruxelles, 10/06/2016 (Agence Europe)- Alors que le président du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a dénoncé, mercredi 8 juin, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le manque de coopération de Belgrade avec son Tribunal, la porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Maja Kocijancic, a souligné, jeudi 9 juin, que le traitement des crimes de guerre et la pleine coopération avec le TPIY étaient des « conditions requises » dans le processus d'adhésion de la Serbie à l'UE.
La porte-parole a ajouté que le traitement et la coopération étaient « cruciaux pour la coopération et la réconciliation régionales ». « Nous espérons que la Serbie va prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la coopération avec le tribunal », a-t-elle souligné.
Interrogée quant aux répercussions possibles des propos du président du TPIY sur l'ouverture des chapitres d'adhésion 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (liberté, sécurité, justice), qui pourrait avoir lieu avant la fin du mois, Mme Kocijancic a précisé qu'elle n'allait pas spéculer, mais qu'il « était clair que la pleine coopération avec le tribunal restait une obligation, mais aussi un engagement de la Serbie ».
Le 1er juin, la Croatie avait levé sa réserve sur l'ouverture par la Serbie du chapitre 23 à la condition que les préoccupations croates soient abordées dans la position commune de l'UE (EUROPE 11564). La coopération de la Serbie avec le TPIY est l'une d'elles, tout comme celle d'éviter les conflits judiciaires dans la poursuite des crimes de guerre et d'appliquer ses obligations nationales et internationales en matière de protection des droits des minorités. (Camille-Cerise Gessant)