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Bulletin Quotidien Europe N° 11511
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) burundi

L'UE suspend partiellement sa coopération au développement

Bruxelles, 14/03/2016 (Agence Europe) - L'Union européenne a concrétisé, lundi 14 mars, la menace qu'elle avait brandie de suspendre partiellement sa coopération avec le Burundi, faute d'engagements suffisants des autorités de ce pays d'Afrique centrale en faveur d'une solution durable à la crise née de la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza qui avait brigué un troisième mandat (EUROPE 11510).

Jugeant insuffisants les engagements pris par le gouvernement pour remédier à la situation par l'instauration d'un dialogue politique inclusif inter-burundais sous médiation internationale, l'UE a décidé, au titre de l'Accord de Cotonou (article 96), de suspendre toute assistance financière au gouvernement et, en particulier, l'appui budgétaire direct. Son soutien financier à la population et son aide humanitaire aux groupes de population les plus vulnérables seront, eux, maintenus.

La décision a été prise, sans débat, par le Conseil de l'UE en marge de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, à Bruxelles, et sera revue tous les six mois.

Dans le même temps, le Conseil a clôturé les consultations politiques entamées à Bruxelles le 8 décembre 2015 avec les autorités du Burundi en vue de rechercher une solution de sortie de crise acceptable, comme le prévoit l'Accord de Cotonou en cas de violation d'un ou plusieurs de ses éléments essentiels que sont le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'État de droit.

« La situation au Burundi reste très préoccupante pour l'UE, bien que nous ayons récemment entrevu quelques lueurs d'espoir (…) L'effort que nous demandons est réalisable, avec de la volonté et de la détermination: il repose sur des mesures et des processus déjà mis en place par l'Union africaine, la Communauté est-africaine et l'Organisation des Nations unies, et salués par les cinq chefs d'État africains mandatés par l'Union africaine », souligne, dans un communiqué, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

L'UE demande instamment aux autorités burundaises de consentir cet effort qui permettra la normalisation des relations entre l'UE et le Burundi.

Le commissaire européen à la Coopération internationale et l'Aide au Développement, Neven Mimica, assure que « l'UE est et restera fermement engagée auprès de la population burundaise dans cette crise qui a fait déjà plus de 400 morts et des milliers de blessés, et qui a forcé plus de 240 000 personnes à se réfugier dans les pays voisins ». Les projets financés par l'UE pour assurer l'accès de la population aux services de base sont en cours d'élaboration, précise-t-il. Les restrictions à la coopération s'ajoutent aux sanctions ciblées (restrictions de visa et gel des avoirs) que l'UE avait déjà imposées à quatre individus en octobre 2015 (EUROPE 11401). (Aminata Niang)

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