Bruxelles, 14/03/2016 (Agence Europe) - Frédéric Vallier, secrétaire général du Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE), en déplacement vendredi 11 mars à Athènes, a proposé pour les villes et les régions confrontées au problème de la gestion des réfugiés, la création d'un prêt de la BEI à taux zéro, un assouplissement de l'application du Pacte de stabilité ainsi que la création d'euro-obligations spécifiques et temporaires pour la réinstallation des réfugiés.
Contacté par EUROPE, M. Vallier précise d'emblée que ces propositions ne sont pour l'instant pas encore avalisées par les membres du CCRE. Il s'agit d'alimenter le débat dans le cadre de la crise migratoire. « Le problème, c'est que l'on se trompe d'échelle », explique le secrétaire général. « Il existe au sein de l'Union environ 100 000 collectivités territoriales. Si la moitié d'entre elles accueillait une à deux familles de réfugiés, nous pourrions recevoir près d'un million de réfugiés ». Le vrai problème serait le manque de financement. Il rappelle ainsi qu'en Allemagne, l'accueil des réfugiés aurait coûté en 2015 environ 15 milliards d'euros aux communes allemandes, dont 10 milliards seraient directement ponctionnés sur les budgets communaux et 5 milliards d'euros partagés entre les Länder et le niveau fédéral.
Ainsi, il propose la mise en place de prêts à taux zéro de la BEI pour aider les communes qui s'engagent à accueillir des réfugiés en vue de construire des logements pour ces derniers. Ici, M. Vallier considère que ces prêts pourraient être consentis pour des logements, non seulement pour les réfugiés, mais aussi pour les habitants. Ceci, afin d'éviter d'éventuelles frustrations du côté des habitants, à l'heure où, dans certaines villes, la pression sur les logements est très élevée.
La question de la flexibilité lui paraît relever du bon sens. À ses yeux, il faut soustraire les villes qui font face à la gestion des flux migratoires aux critères du Pacte de stabilité, « pour desserrer l'étau », en particulier pour les villes grecques. De même, il appelle à une solidarité des citoyens européens par l'émission d'euro-obligations sur une période spécifique et temporaire.
Par ailleurs, le secrétaire général a détaillé deux autres propositions: la mise en place d'une taxe sur les produits pétroliers afin d'augmenter les ressources propres de l'Union - une proposition qui avait été brièvement évoquée par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, en janvier dernier - et la création d'un réseau de soutien aux collectivités qui accueillent les réfugiés, avec la nomination d'un référent national qui ferait office de 'hotline' et la publication d'un guide.
De son côté, la Commission a annoncé l'année dernière la possibilité de reprogrammer les fonds structurels et d'investissement pour faire face à la crise (EUROPE 11433). Une mauvaise idée, selon le secrétaire général, qui voit là un dévoiement des objectifs de la politique de cohésion. (Pascal Hansens)