Bruxelles, 14/03/2016 (Agence Europe) - Si les ministres ont évoqué, lundi 14 mars, de possibles sanctions à l'encontre de ceux qui mettent à mal le processus politique ('spoilers') en Libye, aucune décision formelle n'a été prise, lors du Conseil Affaires étrangères (EUROPE 11510).
Le secrétaire d'État allemand, Michael Roth, a ainsi expliqué que les sanctions contre ces personnes étaient sur la table et y étaient toujours, « mais qu'il n'y avait pas encore eu de décision ». Selon une source européenne, trois pays, qui seraient Chypre, la Grèce et Malte, bloqueraient toujours une éventuelle décision. « Nous avons commencé le travail interne pour sanctionner des individus qui entravent le processus interne libyen », a précisé la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité lors de sa conférence de presse à l'issue du Conseil, sans pour autant donné plus de détails.
Àson arrivée au Conseil pour déjeuner avec les ministres, l'envoyé spécial des Nations Unies pour la Libye, Martin Kobler, avait, quant à lui, précisé que de possibles sanctions n'étaient pas à l'agenda du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il avait expliqué qu'il n'était pas venu pour donner des recommandations aux Européens concernant les mesures restrictives.
Les ministres sont cependant d'accord sur la nécessité d'une rapide mise en place d'un gouvernement d'entente nationale. « Il s'est dégagé un consensus sans difficultés autour d'une volonté très claire: il faut maintenant aller très vite pour installer ce gouvernement d'union nationale », a expliqué à son départ le ministre français Jean-Marc Ayrault. Il a précisé que l'UE encourageait le Premier ministre, M. Sarraj, à se rendre le plus vite possible à Tripoli, comme ce dernier le souhaite. « Nous souhaitons que ceux qui résistent - et il y en a encore- comprennent le message », a-t-il ajouté.
Mme Mogherini a, elle aussi, insisté sur « la nécessité pour la Libye d'avoir un gouvernement d'entente nationale le plus vite possible ». Elle a précisé que les Européens avaient salué la déclaration des membres du Dialogue politique libyen, réunis à Tunis les 10 et 11 mars 2016, relative à la nécessité de reconnaître ce gouvernement. (Camille-Cerise Gessant)