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Bulletin Quotidien Europe N° 11506
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Visite de clarification de Mme Mogherini sur fond de crise politico-agricole

Bruxelles, 07/03/2016 (Agence Europe) - Unanimes dans leur contestation du jugement du Tribunal de l'UE, le 10 décembre 2015, sur l'accord agricole en lien avec le dossier du Sahara occidental, (EUROPE 11450), le Maroc et l'UE chercheront ensemble le moyen de contenir la crise, a expliqué la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, en visite vendredi 4 mars à Rabat où elle s'est entretenue avec son homologue marocain, Salaheddine Mezouar.

Ce dernier a clairement demandé, lors d'une conférence de presse finale, de « corriger » l'arrêt du Tribunal, estimant qu'il est plus politique que judiciaire et il « ne se limite pas à une affaire judicaire simple (sur), une affaire éminemment stratégique ». De son côté, l'UE a entrepris une démarche plus conforme aux procédures légales en faisant appel du jugement le 26 février et en soulignant au passage , lors du pourvoi, que les décisions judiciaires en Europe sont indépendantes. En l'état, semble-t-il, ces « entretiens ont été francs, constructifs », a déclaré Mme Mogherini, prudente sur le fond et qui a néanmoins multiplié les propos rassurants pour ses interlocuteurs marocains. On se rappellera que ces derniers ont décidé le 25 février de « suspendre tout contact avec les institutions européennes, à l'exception des échanges attendus sur ce dossier » (EUROPE 11500).

« Nous sommes d'accord sur le fait que nous comprenons nos positions respectives et que nous allons renouer les contacts dans tous les domaines. Et nous sommes aussi d'accord sur le fait que le mot clé de notre partenariat est 'confiance'. Une confiance qu'aujourd'hui nous avons partagée ». Mme Mogherini, qui l'affirme, a en effet tenu à souligner que les deux paries souhaitent renforcer leurs liens privilégiés et pense avoir « fourni les clarifications et les assurances » nécessaires. Un travail commun est entrepris pour dénouer la crise et sauvegarder l'esprit du Partenariat ». « Une interaction et un dialogue sur base régulière, continue et transparente seront mis en place ». M. Mezouar sera à Bruxelles fin mars pour « finaliser le contenu de cette interaction avec la partie européenne », a dit Mme Mogherini sans autres détails.

Au cours du point de presse, la Haute Représentante s'est dite « bien consciente de l'importance stratégique que constitue cette question pour le Maroc et aussi pour l'Union européenne » et a souligné que l'accord agricole demeure en vigueur et que l'UE « reste convaincue que les accords entre le Maroc et l'UE ne constituent pas une violation de la légalité internationale ». Mme Mogherini a ajouté que les deux parties avaient abordé aussi « d'autres importants dossiers bilatéraux et régionaux d'intérêt mutuel ».

Outre l'arrêt du Tribunal de l'UE sur le dossier hautement sensible du Sahara occidental, les désaccords persistants sur le commerce des fruits et légumes, en particulier les tomates, sont un autre motif de friction avec l'UE. L'Espagne est en première ligne contre ce que ses agriculteurs perçoivent comme une concurrence envahissante marocaine (EUROPE 11505). Les associations professionnelles agricoles marocaines craignent un rebondissement dû cette fois à l'Italie et aussi à l'Espagne. 'Agrimaroc', publication corporative, a affirmé le 25 février que « l'Espagne et l'Italie demandent au Conseil des ministres de l'UE la protection de leur production de tomates contre les importations marocaines ». Les services du Conseil ne confirment pas cette saisine. Les Marocains paraissent cependant sûrs de leur information et affirment que le ministre de l'Agriculture de l'Italie, Maurizio Martina, a demandé au Conseil de février, appuyé par l'Espagne, « une meilleure protection pour les producteurs de tomates ». « Nous demandons que la clause de sauvegarde soit activée, en vertu d'accords bilatéraux avec les pays d'Afrique du Nord, en se référant à l'accord avec le Maroc », aurait affirmé le ministre de l'Agriculture italien. 'Agrimaroc' rappelle aussi que la FEPEX, la fédération espagnole des exportateurs de fruits et légumes, a « indiqué en janvier, devant la Commission européenne, que le Maroc ne respecte pas son accord » avec l'UE. La FEPEX a, selon la même source, estimé qu'il y a eu, en 2015, d'une année à l'autre, une augmentation de 35% des ventes marocaines qui ont « inondé le marché européen ». La FEPEX aurait demandé d'« appliquer la mesure de protection prévue dans l'article 7 du Protocole de l'Accord de l'UE avec le Maroc ». (Fathi B'Chir)

 

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