Bruxelles, 07/03/2016 (Agence Europe) - L'Union européenne et Cuba apparaissent en mesure de signer, d'ici à la fin de la semaine, l'accord bilatéral d'association et de coopération dont les négociations ont été entamées en 2014.
Le Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, se rendra d'ailleurs à La Havane jeudi 10 et vendredi 11 mars pour mener un deuxième dialogue politique après celui d'avril 2015 avec les autorités cubaines représentées par les ministres des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, et de l'Économie, Marino Murillo. Cette visite, programmée dix jours avant la visite historique du président américain, Barack Obama, devrait être l'occasion de finaliser les négociations bilatérales.
« Nous espérons que, durant la visite de Mme Mogherini, les conditions politiques seront réunies de façon à ce que nous puissions conclure cet accord de coopération et de dialogue politique », a confirmé Abelardo Moreno, vice-ministre cubain des Affaires étrangères, vendredi 4 mars, à l'issue de la dernière session de négociations bilatérales, a rapporté l'agence DPA (EUROPE 11502). Selon Christian Leffler, qui pilote les négociations au sein du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) de l'UE, « la volonté existe des deux côtés de réaliser des progrès significatifs et rapides en vue d'une conclusion à venir de l'accord ».
Le futur accord UE/Cuba comportera trois volets: politique, coopération, économique et commercial. Il assure un respect total de l'égalité entre États souverains, garantit le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et contribuera à accompagner Cuba dans le processus d'actualisation de son modèle économique, a indiqué le ministère cubain des Affaires étrangères, dans un communiqué.
Sur la question épineuse des droits de l'homme et la démocratie, les deux partenaires créeront un cadre pour mener un dialogue spécifique. La signature d'un accord d'association et de coopération avec l'île caribéenne remettra en cause la 'Position commune' de décembre 1996 qui subordonne une pleine coopération avec Cuba à l'amélioration de la situation en matière de droits de l'homme et de libertés politiques. « Une fois que nous aurons un accord, maintenir la 'Position commune' n'a plus beaucoup de sens », a reconnu M. Leffler. (Mathieu Bion)