Bruxelles, 07/03/2016 (Agence Europe) - Les Européens appellent, depuis vendredi 4 mars, la Turquie à respecter la liberté de la presse. Le journal Zaman, hostile au président turc, Recep Tayyip Erdogan, a été mis sous tutelle judiciaire le 4 mars.
Lors de son arrivée au sommet UE-Turquie, sans citer précisément le cas de Zaman, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a souligné la nécessité que la Turquie - en tant que pays candidat - « réponde à l'appel des Européens à respecter les normes les plus élevées en ce qui concerne la démocratie, l'État de droit, les libertés fondamentales, à commencer par la liberté d'expression et la liberté d'association ». « Ce sont des valeurs fondamentales de l'UE, un pays candidat doit respecter ces principes et valeurs et travailler concrètement à les promouvoir à l'intérieur de ses frontières », a-t-elle ajouté.
Vendredi 4 mars, à l'annonce de la mise sous tutelle, sa porte-parole avait déjà souligné que tous les pays, « et en particulier ceux qui négocient l'adhésion de l'UE », devaient garantir les droits fondamentaux, y compris la liberté d'expression, et un processus judiciaire régulier, en conformité avec la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH). « Des médias libres, diversifiés et indépendants constituent une des pierres angulaires d'une société démocratique en facilitant la libre circulation des informations et des idées et en assurant la transparence et la responsabilité », avait-elle souligné.
Lors de son arrivée au Sommet, le président français, François Hollande, a précisé que l'UE devrait « être d'une extrême vigilance par rapport à certaines mesures qui ont été prises, notamment par rapport à la presse. La presse, elle doit être libre partout, et notamment en Turquie ».
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a rappelé pour sa part, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre turc et avant le sommet, que « la liberté des médias était un élément clé de notre identité européenne », et qu'elle était un « élément non négociable » de cette identité. (Camille-Cerise Gessant)