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Bulletin Quotidien Europe N° 11502
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) algÉrie

Javier Solana inquiet face aux risques d'explosion sociale en Algérie

Bruxelles, 01/03/2016 (Agence Europe) - L'ancien chef de la diplomatie européenne et ancien secrétaire général de l'OTAN, Javier Solana, marque son inquiétude face aux « incertitudes algériennes ».

Dans une analyse de la situation dans la région, publiée jeudi 25 février sur le site 'Project-syndicate', lieu d'expression commune de nombreuses personnalités éminentes, il note: « cinq ans après le début du soi-disant 'printemps arabe', l'espoir qui caractérise ces révolutions s'inscrit en pointillés. Dans de nombreux cas, les révolutions ont évolué en des conflits internes, brutaux et prolongés, sans solution en vue. Au milieu de toutes ces luttes, la communauté internationale a prêté peu d'attention à des pays comme l'Algérie, où l'esprit révolutionnaire fut étouffé dans l'oeuf. Mais le destin de l'Algérie est de retour sur les écrans radar du monde - et ce n'est pas trop tôt ».

Le calme serait trompeur: « derrière le consensus apparent » se décline une « paralysie dans le processus de prise de décision observée depuis quelques années. Avec un Bouteflika malade apparaît la question de l'élection présidentielle de 2019 ». Le tout sur fond d'un « insoutenable modèle économique basé sur la dépendance énergétique ». « Dans le contexte social (actuel), et si les difficultés économiques persistent, les protestations et même la révolte peuvent ne pas être une perspective lointaine». Il estime que « pour éviter une telle conséquence, le gouvernement algérien doit travailler rapidement pour diversifier son économie. Mais une telle action sera difficile dans l'environnement politique actuel, compte tenu notamment de la situation dans le voisinage de l'Algérie chargée d'instabilité ».

Pour M. Solana, le rôle de l'Algérie dans la région est sensible: « les États-Unis et l'Europe ont déjà reconnu le leadership et la coopération de l'Algérie dans les efforts anti-terroristes dans son voisinage. Pour l'UE, un nouveau renforcement des liens avec l'Algérie est particulièrement important, compte tenu de l'intérêt des deux côtés à la stabilité de l'Afrique à proximité du Nord et du Sahel » et compte tenu aussi, dit-il, en substance, du potentiel de l'Algérie pour améliorer la sécurité énergétique de l'UE.

Autre personnalité importante à tirer la sonnette d'alarme: le professeur Abderrahmane Mebtoul, économiste algérien de renom et conseiller stratégique. Il reconnaît lui aussi que l'Algérie inquiète ses partenaires. « On ne peut donc plus continuer à cette allure. C'est une mentalité rentière, c'est-à-dire dépenser sans compter. On croit qu'avec l'argent des hydrocarbures, on résout tous les problèmes. Il ne faut pas confondre deux concepts: richesse et accumulation du capital. Ce n'est pas du tout pareil. Il doit y avoir une mutation culturelle des dirigeants algériens pour s'adapter aux nouvelles situations, tant locales que mondiales », a-t-il dit dans des déclarations aux médias. Mais il n'entend pas être alarmiste. Il « pense qu'il n'y aura pas d'implosion sociale à court terme. On a un répit de deux, trois ans » et, à son avis, le gouvernement a encore les moyens de redresser la barre. (Fathi B'Chir)

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