Bruxelles, 16/02/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a informé, lundi 15 février, les ministres de l'Agriculture des pays de l'UE de l'état d'avancement des travaux sur les questions relatives aux échanges agricoles internationaux.
Un nombre important d'accords de libre-échange ont été conclus récemment, par exemple avec l'Ukraine, le Maroc, l'Afrique occidentale, la Communauté de développement de l'Afrique australe, le Canada et le Vietnam. D'autres négociations bilatérales et régionales sont en cours ou prévues, par exemple avec les États-Unis, le Mercosur, l'Inde, la Chine (sur les indications géographiques) et le Japon.
Lors du Conseil Agriculture, l'Italie a notamment souligné que le secteur agricole de l'UE ne devait pas être sacrifié dans ces négociations commerciales. Après avoir exprimé des inquiétudes sur la situation des producteurs italiens de tomates (en cause, les tomates marocaines) et d'huile d'olive (en cause: l'huile d'olive de Tunisie), le ministre italien a déploré les concessions accordées au Vietnam sur le riz (tarif à taux zéro). Pour l'Italie, la défense des indications géographiques doit être un sujet offensif dans les négociations commerciales, notamment dans le cadre du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP).
La France a insisté sur le besoin de protéger les filières sensibles et de ne pas accorder trop de concessions notamment aux Américains sur les droits tarifaires. La France refuse une « récolte précoce » sur le TTIP. La Pologne a aussi mis en garde contre un accord trop rapide (dès 2016) sur le TTIP.
L'Irlande a tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences, pour le secteur de la viande bovine, d'un accord commercial avec le Mercosur.
Plusieurs pays ont salué le fait que la Commission va rendre un rapport vers l'été sur les effets cumulatifs des accords commerciaux négociés.
La Suède, le Royaume-Uni et le Danemark ont souligné les bénéfices attendus des accords commerciaux négociés par l'UE notamment avec les États-Unis et le Japon.
Le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, a notamment déclaré qu'il n'était pas favorable à une solution rapide et bancale sur le TTIP.
Par ailleurs, l'Italie a jugé important l'accord à l'OMC conclu en décembre à Nairobi, qui met un terme à l'utilisation des restitutions à l'exportation, tandis que la Pologne a jugé décevant cet accord. (Lionel Changeur)