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Bulletin Quotidien Europe N° 11491
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Exclure la Grèce de Schengen n'est pas une solution, selon Donald Tusk

Bruxelles, 16/02/2016 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé, mardi 16 février, lors d'un déplacement à Athènes aux côtés d'Alexis Tsipras, que faire sortir la Grèce de la zone Schengen n'était pas une solution à la crise migratoire, crise qui sera discutée jeudi 18 février par les chefs d'État ou de gouvernement.

«La Grèce n'a pas causé la crise, ni l'Europe. À tous ceux qui parlent d'exclure la Grèce de Schengen, pensant que c'est une solution à la crise migratoire, je dis: non, ce n'est pas le cas ». Exclure la Grèce de Schengen « ne met pas un terme à la guerre en Syrie. Ça ne met pas un terme à l'attraction des migrants pour l'Europe et ce n'est pas une solution européenne commune », a réagi M. Tusk.

Ces déclarations interviennent alors que les dirigeants européens se pencheront à nouveau, jeudi 18 février, sur la crise migratoire et les flux de migrants arrivant en Grèce jugés encore importants. Selon l'OIM, 78 333 personnes sont arrivées en Grèce en janvier et, jeudi, les chefs d'État ou de gouvernement seront amenés à réitérer leur appel à renforcer les frontières extérieures de l'UE, tout en insistant encore sur la mise en oeuvre encore fragile des décisions prises en septembre sur la relocalisation des réfugiés.

Le débat pourrait toutefois être moins tendu que d'habitude. Mardi 16 février, la Grèce a en effet confirmé qu'elle avait rendu opérationnel 4 'hotspots' sur les 5 promis. En outre, lundi 15 février, les pays dits du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie) ont tenu un discours qualifié de plus positif par certaines sources et davantage pro-européen.

Les quatre pays de Visegrad ont en effet appelé à mettre en oeuvre la stratégie européenne retenue, en particulier celle visant à renforcer les frontières extérieures via la nouvelle agence européenne de gardes-frontières et gardes-côtes, mais aussi le plan d'action avec la Turquie. Les pays de Visegrad se sont dits prêts à observer si cette stratégie fonctionne. Un discours plus « pro-européen », a jugé une source. Mais ces quatre pays n'ont pas pour autant exclu la remise en cause de Schengen, si cette solution européenne devait échouer.

Sur ce dossier, « il faut maintenant obtenir des avancées tangibles, montrer que les résultats sont possibles, à portée de main et mettre en oeuvre » les décisions prises, a expliqué une source diplomatique d'un grand pays mardi matin. Il convient aussi de défendre Schengen et de reprendre la maîtrise des frontières extérieures, par exemple en obtenant un accord en juin sur cette nouvelle agence européenne. «Mais avant cela il y a urgence », a estimé cette source, notamment « à réduire les flux de réfugiés qui se maintiennent à un niveau beaucoup trop élevé », cela alors « que le printemps va revenir ».

Sur la relocalisation de 160 000 réfugiés sur deux ans, le contexte semble un peu plus se prêter à l'optimisme, selon cette source, qui souligne les efforts de la Grèce dans la mise en oeuvre des hotspots. Leur absence, a-t-elle estimé, a compliqué le démarrage de la relocalisation.

Mais pour ce représentant, la meilleure solution resterait toutefois la réinstallation de réfugiés directement depuis les pays tiers, un objectif que les États membres espèrent pouvoir atteindre une fois qu'ils auront sécurisé les frontières extérieures et fait en sorte que les arrivées irrégulières de migrants dans l'UE se soient taries. Une réunion sur la réinstallation de réfugiés depuis des pays comme la Turquie, en particulier, se déroulera jeudi matin à l'ambassade d'Autriche à Bruxelles, en marge du Sommet européen. Plusieurs pays volontaires doivent y prendre part, dont l'Allemagne, mais aussi la France.

Mercredi soir, c'est un dîner consacré à la route des Balkans occidentaux qui se déroulera à Bruxelles à l'initiative du président du Conseil européen, Donald Tusk. (Solenn Paulic)

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