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Bulletin Quotidien Europe N° 11491
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) iran

Téhéran prêt à travailler avec l'Europe pour réduire les tensions au Moyen-Orient

Bruxelles, 16/02/2016 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, s'est dit prêt, mardi 16 février, à travailler avec l'Europe « pour réduire les tensions » au Moyen-Orient.

« Si nous prenons conscience qu'il y a des problèmes et des défis communs et qu'il faut une solution commune, nous aurons déjà fait un pas en avant », a souligné le ministre au cours d'une audition à la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Rappelant que l'UE devait faire face à la crise des réfugiés et le Moyen-Orient à l'extrémisme, le sectarisme et la violence, M. Zarif a jugé qu'en raison d'un monde globalisé, « soit nous coulons ensemble, soit nous nous sauvons ensemble». « Nous sommes prêts à travailler avec vous pour répondre au problème (de la crise migratoire) là ou il est né, en Syrie, mais parcourons le chemin ensemble, (…) il faut faire des efforts des deux côtés. Nous avons besoin de travailler ensemble et nous y arriverons, comme nous y sommes arrivés » avec le programme nucléaire, a-t-il expliqué.

Pas de solution militaire en Syrie et au Yémen

Le ministre a appelé à des solutions politiques en Syrie et au Yémen, jugeant qu'en l'absence d'une telle solution « Daech, Al-Qaïda et Al-Nosra vont gagner ». « Nous devons tous prendre conscience que ces groupes ne sont les amis de personne, ils ne peuvent être instrumentalisés par personne. (…) Certains considèrent que battre Al-Nosra est une victoire pour Bachar el-Assad, mais ce n'est pas ainsi qu'il faut voir les choses. Il n'y a pas de solution militaire à proposer à la crise syrienne», a-t-il ajouté, alors que son pays soutient le régime de Bachar el-Assad. En conférence de presse, à l'issue de l'audition, le ministre iranien a rappelé que l'Iran n'intervenait pas sur le terrain, mais avait des conseillers militaires à la demande du régime d'Assad. « Ceux qui opèrent sans l'autorisation du gouvernement souverain violent le droit international », a-t-il ajouté.

En audition, il a détaillé le programme de l'Iran pour les crises syrienne et yéménite: « un cessez-le-feu et un gouvernement d'unité nationale, et entre les deux, de l'aide humanitaire ». « Il faut des pourparlers intra-syriens et intra-yéménites, des élections sur la base d'une nouvelle Constitution. Les parties tierces doivent faciliter ce processus, mais ne pas intervenir, ce n'est pas à nous de dire qui doit gouverner, c'est aux peuples de choisir », a-t-il ajouté.

Sans la citer explicitement, le ministre a critiqué l'action de l'Arabie saoudite au Yémen. Si l'Iran soutient les rebelles Houthis, une coalition menée par Ryad aide le gouvernement yéménite. « Si un pays de la région est sanctionné pour des motifs liés aux droits de l'homme, est-ce l'Iran qu'il faut sanctionner ou celui qui bombarde la population du Yémen ? Combien de personnes sont mortes ? Il y en a plus qui meurent chaque jour à cause des bombardements au Yémen qu'en Syrie », a-t-il dénoncé, critiquant par la même occasion les sanctions européennes contre Téhéran en lien avec les violations des droits de l'homme. « Il faut aller voir ce qu'il se passe, il ne faut pas fermer les yeux. Il n'y a plus rien à bombarder au Yémen sinon des humains », a-t-il ajouté. « Nous devons stopper les bombardements au Yémen, qui ont lieu quotidiennement et tuent de nombreuses personnes. Il faut mettre fin à ces atrocités », a-t-il appelé devant la presse.

Téhéran veut un dialogue sur les droits de l'homme, pas un monologue européen

Interrogé par les députés européens sur les droits de l'homme, le ministre des Affaires étrangères a critiqué l'Europe donneuse de leçon. Tout en se disant « impatient » d'entamer le dialogue sur les droits de l'homme avec l'UE, M. Zarif a précisé que ce dialogue devait être « mutuel ». « Il ne doit pas être en sens unique, un monologue. Il ne faut pas que ce soit les uns qui fassent la leçon aux autres », a-t-il prévenu. Le ministre s'est dit prêt à parler de la peine de mort et de la lutte contre le narcotrafic. « Aucun pays ne peut prétendre mener une politique parfaite en termes de droits de l'homme », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)

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