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Bulletin Quotidien Europe N° 11451
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

L'avenir du round de Doha à l'OMC se joue à Nairobi

Bruxelles, 11/12/2015 (Agence Europe) - Les résultats modestes attendus sur le round de Doha lors de la 10ème conférence ministérielle de l'OMC, du 15 au 18 décembre à Nairobi (Kenya), restaient très incertains à l'issue du processus de consultations à Genève, vendredi 11 décembre.

Dans une lettre publiée par l'OMC vendredi, le président kenyan, Uhuru Kenyatta, a encouragé les 162 pays membres « à témoigner de leur volonté politique et à faire preuve des flexibilités nécessaires » pour faire de la conférence de Nairobi un succès. « Cette conférence ministérielle de l'OMC, la première à avoir lieu sur le sol africain, est une occasion historique qui peut faire beaucoup pour aider à intégrer davantage le continent africain dans le système commercial mondial », insistait-il.

Dans une tribune publiée dans notre édition du 8 décembre (EUROPE 11447), le directeur général de l'OMC, Roberto Azevêdo, estimait que « l'obtention d'un ensemble de résultats significatifs dans des domaines tels que l'agriculture et le développement [restait] possible à Nairobi », précisant néanmoins que les pays membres seraient « encore bien loin d'atteindre les objectifs du round de Doha ». « Le monde doit décider ce qu'il veut faire de l'OMC en tant qu'organe de négociation et, plus particulièrement, ce qu'il veut faire du programme de négociation de Doha qui divise l'opinion radicalement », ajoutait-il.

Devant le Conseil général de l'OMC, lundi 7 décembre, M. Azevêdo a cité les questions de la concurrence à l'exportation, du mécanisme de sauvegarde spéciale en agriculture pour les pays en développement et de la solution permanente pour les programmes de stockage public à des fins de sécurité alimentaire parmi les « résultats potentiels » de la conférence de Nairobi. Les travaux préparatoires n'ont pas permis de vraiment rapprocher les positions en présence, a-t-il toutefois déploré.

À Nairobi, les pays membres vont aussi tenter de ficeler un paquet pour les pays les moins avancés, incluant l'exemption totale des droits de douane pour leurs produits, un assouplissement sur les règles d'origine, un traitement préférentiel sur les services et la question du coton.

« J'espère que nous pourrons obtenir un accord sur la concurrence à l'exportation en agriculture qui fausse les marchés agricoles et rend la vie difficile pour les agriculteurs des pays en développement qui doivent rivaliser avec des produits étrangers subventionnés », commentait vendredi la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström dans son blog, appelant « les autres grands acteurs à s'engager de bonne foi » pour arracher un accord.

Avec le Brésil, l'UE a mis sur la table une proposition globale, soutenue par l'Argentine, la Nouvelle-Zélande, le Paraguay, le Pérou et l'Uruguay, visant à éliminer les subventions à l'exportation directes et indirectes pour les produits agricoles d'ici fin 2018 pour les pays développés, et fin 2021 pour les pays en développement (EUROPE 11435).

Parmi les seuls points d'optimisme figure la confirmation d'un accord sur la révision de l'accord OMC sur les technologies de l'information (ITA) pour étendre sa portée à 200 nouveaux produits.

La conférence de Nairobi pourrait aussi confirmer la prolongation du moratoire sur les droits de douane concernant le commerce électronique.

Enfin, les 162 pays membres devraient valider l'adhésion de deux nouveaux membres, l'Afghanistan et le Libéria. (Emmanuel Hagry)

 

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