Bruxelles, 11/12/2015 (Agence Europe) - Le président du Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine, Denis Zvizdic, a annoncé, vendredi 11 décembre, que son pays comptait présenter « d'ici un ou deux mois » une demande d'adhésion à l'UE.
« Nous avons l'intention, d'ici un ou deux mois, de présenter une demande d'adhésion », a-t-il expliqué à l'issue du tout premier Conseil d'association et de stabilisation entre l'UE et la Bosnie. Conscient des efforts de réformes qui devaient être consentis, M. Zvizdic a précisé que son pays était engagé à les faire. « Il n'y a pas d'alternative à l'intégration européenne, nous sommes prêts à travailler de concert avec l'UE, sur une base quotidienne, de manière à accélérer le processus », a-t-il ajouté.
Le commissaire aux Négociations d'élargissement, Johannes Hahn, s'est montré, pour sa part, prudent et a mis en garde le président. Soulignant que le mot clé pour les prochains mois serait « mise en oeuvre », M. hahn a expliqué qu'il s'agissait aussi d'une pré-condition pour soumettre une demande d'adhésion « crédible à un moment qui est approprié (…) pour tous ». Il a ajouté qu'une demande déposée au bon moment permettrait aux États membres de l'UE d'assurer le suivi de cette demande. « Des progrès significatifs dans la mise en oeuvre du programme de réformes sont nécessaires pour que l'UE envisage une demande d'adhésion de la Bosnie-Herzégovine », précise le communiqué de presse conjoint publié à la fin du Conseil, qui met aussi en avant les premiers résultats encourageants concernant les réformes.
Selon le communiqué, l'UE demande aussi à Sarajevo de se concentrer sur l'amélioration de la situation socio-économique. Pour les Européens, conserver les engagements et obligations découlant de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA), y compris ceux relatifs à son adaptation à la suite de l'adhésion de la Croatie à l'UE, est un élément important de l'engagement du processus d'intégration de la Bosnie-Herzégovine à l'UE. Les travaux sur l'adaptation de l'ASA devraient commencer dès la semaine du 14 décembre. M. Hahn a ajouté qu'un mécanisme de coordination entre l'UE et la Bosnie était « absolument nécessaire » car il permettrait d'accélérer les efforts de Sarajevo.
Par ailleurs, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a critiqué la décision, jeudi 10 décembre, du gouvernement de la Republika Srpska de suspendre la coopération avec certains organismes judiciaires et policiers en Bosnie-Herzégovine, soulignant que « cela pourrait compromettre le fonctionnement de l'appareil judiciaire et l'application des lois dans le pays ». « Nous soulignons la nécessité de respecter la primauté du droit sur tout le territoire et appelons les autorités de Bosnie-Herzégovine à maintenir la coopération mutuelle et le dialogue », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)