Bruxelles, 11/12/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères ne devraient pas prendre de décision, lundi 14 décembre, sur la prorogation des sanctions envers la Russie.
« C'est toujours possible, mais maintenant c'est improbable », a expliqué un haut responsable européen, pour qui la tenue du Conseil arrive « trop tôt ». Une autre source diplomatique a précisé que le sujet pourrait être discuté lors de la réunion des ambassadeurs nationaux auprès de l'UE (Coreper), mercredi 16 décembre. Le haut responsable n'a, lui, pas exclu que la question soit discutée lors d'une réunion ministérielle postérieure au Conseil européen des 17 et 18 décembre, les sanctions actuelles de l'UE ayant court jusqu'au 31 janvier. Par ailleurs, plusieurs sources ont précisé que le sujet n'était, pour l'heure, pas inscrit à l'agenda du Conseil européen. L'Italie a souhaité que la prorogation des sanctions ne soit pas uniquement traitée vu l'importance du sujet. Elle a reçu, vendredi, le soutien du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. « Un automatisme (de la prorogation des sanctions) sans une analyse (de la mise en oeuvre des accords de Minsk) n'est pas mon point de vue », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.
Les ministres devraient, en revanche, se pencher sur la situation des partenaires orientaux, l'Azerbaïdjan, l'Arménie, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine. Cette discussion avait initialement été prévue pour le Conseil de novembre mais avait du être reportée, faute de temps.
Voisinage sud à l'agenda du Conseil
Le Conseil devrait ensuite se pencher sur la lutte contre le terrorisme, sujet sur lequel le Conseil européen des 17 et 18 décembre reviendra. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, pourrait faire le point sur l'action européenne dans ce domaine d'un point de vue de la politique étrangère commune.
Au déjeuner, les ministres seront rejoints par leur homologue turc, Mevlüt Çavusoglu. Ils évoqueront la Syrie, l'Irak, la Libye et la lutte contre le terrorisme. « Le déjeuner vise à échanger sur les crises régionales et non pas sur les relations bilatérales. Ce qui a trait au 29 novembre (sommet UE-Turquie sur la migration EUROPE 11441) n'a pas vocation à être discuté », a prévenu une source diplomatique.
La situation en Libye sera ensuite discutée en présence du nouveau Représentant spécial des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler. Selon une source diplomatique, cette discussion sera déterminée par l'issue de la conférence internationale sur la Libye, qui aura lieu à Rome dimanche 13 décembre et dont l'objectif est d'avancer vers la formation d'un gouvernement d'entente nationale. Si les orientations issues de la conférence sont assez claires, le Conseil pourrait adopter des conclusions, selon cette source. Elle a aussi souligné qu'à l'heure actuelle, une décision sur l'adoption de sanctions à l'encontre des Libyens qui n'agissent pas en faveur d'une transition politique ('spoilers') était volontairement suspendue, alors que le travail technique est prêt.
Les ministres concluront leurs travaux par un échange sur l'Irak et devraient adopter des conclusions. Le débat devrait porter sur les récentes évolutions sur le terrain, sur la façon dont l'UE peut soutenir le programme de réformes du pays et la réconciliation nationale et sur la lutte contre Daech.
Des conclusions sur la politique révisée de voisinage seront adoptées. (Camille-Cerise Gessant)