Bruxelles, 10/12/2015 (Agence Europe) - Le chef de la division « Moyen-Orient, Égypte, Syrie, Liban, Jordanie » du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Patrick Costello, a suggéré, jeudi 10 décembre, à l'Égypte de changer sa législation sur les manifestations, alors que le nouveau parlement égyptien devrait bientôt siéger, ne l'ayant plus fait depuis juin 2012 (EUROPE 10635).
« La loi concernant les manifestations est un texte législatif qui doit être abrogé » assez rapidement, afin que « les personnes emprisonnées sous cette loi (soient) libérées sans condition », a affirmé M. Costello, lors d'une audition sur l'Égypte en commission des affaires étrangères du Parlement européen. Il a affirmé que ce sujet a été discuté entre l'UE et les autorités égyptiennes à la mi-novembre.
Selon lui, la loi sur le financement étranger des ONG devrait aussi être abrogée, tout comme celle portant sur la lutte contre le terrorisme et sur la liberté de réunion, qui ont rendu plus difficile la participation aux élections parlementaires (seulement 28% et encore moins chez les jeunes). Ces législations ne seraient en effet pas conformes à la Constitution même de l'Égypte, a-t-il souligné. La nouvelle Constitution a été adoptée par voie de référendum en 2014 (EUROPE 11000) et le parlement doit maintenant la mettre en oeuvre.
Selon cette Constitution, lorsque le parlement n'est pas en session, le président de la République peut prendre des décrets, mais ceux-ci doivent être « présentés, discutés et approuvés par la nouvelle chambre des représentants dans les 15 jours suivant le début de sa session ». Il y a cependant peu de chances que le parlement revienne sur ces lois, a estimé une source européenne. (Camille-Cerise Gessant)