Bruxelles, 09/12/2015 (Agence Europe) - La Chambre des représentants américaine a adopté, mardi 8 décembre, un projet de loi renforçant les contrôles du programme d'exemption de visas (visa waiver) dont bénéficient 38 pays, y compris 24 États membres de l'UE, afin d'empêcher d'éventuels djihadistes munis de passeports européens de se rendre librement aux États-Unis.
La proposition de loi a été adoptée par 407 voix contre 19, a rapporté l'AFP, et doit encore passer par le Sénat. Elle interdirait aux voyageurs des 38 pays partenaires s'étant rendus depuis mars 2011 en Irak, Syrie, Iran et Soudan de bénéficier d'une exemption, les forçant à demander un visa auprès des autorités américaines avant leur voyage. La loi vise aussi les personnes ayant la double nationalité de l'un des pays nommés, par exemple des Franco-Iraniens, même s'ils ne sont jamais allés en Iran.
Dans la foulée des attentats de Paris du 13 novembre, la Chambre à majorité républicaine avait voté pour restreindre l'accès des réfugiés syriens et irakiens au territoire américain. Le programme sur les visas (visa waiver) permet à plus de 20 millions de voyageurs, venant notamment de 30 pays européens, de se rendre chaque année sans visa aux États-Unis pour des séjours courts, avec comme seule formalité le remplissage du formulaire en ligne Esta. La crainte des élus est que des djihadistes français ou belges comme ceux ayant participé aux attentats parisiens puissent prendre l'avion pour New York.
Les pays partenaires signent aussi, en échange de l'exemption de visas, des accords de partage de renseignements sur leurs passagers (suspects terroristes, casiers judiciaires) et de bonnes pratiques avec Washington. La nouvelle loi accroîtrait le pouvoir de l'administration américaine de sanctionner les États qui ne partageraient pas assez de renseignements. Elle forcerait les pays à alimenter sous 24 heures la base de données d'Interpol en ce qui concerne les passeports perdus ou volés, et à croiser la liste de leurs passagers avec les fichiers terroristes et criminels de l'organisation policière, poursuit l'AFP. (Solenn Paulic)