Bruxelles, 09/12/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne va limiter ses activités de coopération avec le Burundi, n'ayant pas été convaincue, mardi 8 décembre, par la volonté du gouvernement du pays « de remédier globalement aux manquements » en ce qui concerne le respect des droits de l'Homme, de l'État de droit et des principes démocratiques. Des « mesures appropriées » seront également prises, ce qui ouvre la voie à d'éventuelles sanctions.
Plus de cinq heures de discussions à Bruxelles, mardi 8 décembre, entre les représentants de l'UE et ceux du Burundi n'ont pas suffi à convaincre les Européens que tout est fait pour endiguer la spirale de violence que connaît le pays et pour mettre rapidement en place un « dialogue sincère et inclusif » entre le gouvernement et l'opposition. L'UE avait demandé l'ouverture de ces consultations politiques bilatérales au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou (EUROPE 11418).
L'objectif de ces consultations était de procéder à un examen approfondi de la situation dans le pays, laquelle n'a pas cessé de se dégrader depuis la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, au mois de juillet. Le conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, s'est dit d'ailleurs inquiet, mardi, du « risque grave » que les violences aboutissent à une guerre civile et, in fine, se transforment en un génocide, à cause d'une instrumentalisation des identités ethniques, « à la fois par le gouvernement et l'opposition », dans le but de dresser hutus et tutsis les uns contre les autres, a rapporté l'agence Belga.
À l'issue des consultations à Bruxelles, l'UE a indiqué, dans un communiqué, qu'elle considérait « que les positions exprimées ne permettent pas de remédier globalement aux manquements aux éléments essentiels de son partenariat avec la République du Burundi ». En conséquence, « des mesures appropriées seront proposées aux instances décisionnelles de l'Union européenne (et) des mesures conservatoires pourraient être prises quant aux activités de coopération en cours et en limitant des activités de coopération nouvelles aux actions à caractère humanitaire ou bénéficiant directement aux populations ».
Le gouvernement du Burundi ne porte pas le même regard sur le résultat de ces consultations, en se disant « satisfait » d'une réunion qui s'est déroulée « dans un climat apaisé et d'entente mutuelle » et qui « a permis de relancer le dialogue entre lui et l'Union européenne ». « La délégation burundaise a donné tous les gages de bonne volonté du gouvernement quant au renforcement de la bonne gouvernance, la situation des droits de l'Homme et l'État de droit », indique un communiqué officiel. (Jan Kordys)