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Bulletin Quotidien Europe N° 11449
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

Mme Malmström prône une plus grande ouverture des marchés

Bruxelles, 09/12/2015 (Agence Europe) - À contresens par rapport au projet du Front national - parti arrivé en tête au premier tour des élections régionales en France le week-end dernier - de fermeture des frontières face à une situation économique morose, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, s'est fait l'avocate, mardi 9 décembre, d'une plus grande ouverture commerciale de l'Europe, défendant notamment la négociation des accords de libre-échange avec divers partenaires tiers, dont l'accord de partenariat transatlantique avec les États-Unis (TTIP) auquel reste hostile une partie de l'opinion publique.

« On est en train de fermer les frontières, ce n'est pas bon pour l'Europe, pour le projet européen et pour l'économie non plus », a déclaré Mme Malmström, dans un entretien avec la radio française France Info, diffusé mardi en fin d'après-midi. « Je comprends tout à fait les inquiétudes de beaucoup de salariés en France et ailleurs. Après la crise, beaucoup de gens ont souffert et c'est justement pour cela qu'il faut faire tous les efforts pour que l'économie se revitalise en France et en Europe. Il y a plein de choses à faire: des réformes nationales et au niveau européen, et le commerce, qui est une manière de renforcer l'économie en ouvrant les marchés pour plus d'investissements, de croissance et de travail », a-t-elle poursuivi.

« L'ouverture a été le succès de l'Europe dans le passé. Dans le futur, tout montre que la croissance globale, dans les 10 à 20 ans qui viennent, va avoir lieu en dehors de l'Europe. Il est donc important de se connecter avec ces marchés, et c'est pour cela que nous négocions beaucoup d'accords commerciaux - avec les États-Unis, le Canada, le Vietnam, le Japon, la Chine - pour faciliter l'accès des entreprises européennes et pour qu'il y ait plus d'équilibre, parce que l'Europe est ouverte, mais nous voulons faciliter l'accès [aux autres marchés] », a insisté la commissaire de nationalité suédoise et d'étiquette politique libérale.

Dans ce contexte, Mme Malmström a défendu le TTIP. « Je suis bien consciente qu'il y a beaucoup de critiques et d'inquiétudes. Mais tous les sondages montrent que, exceptés trois pays, dans tous les pays européens dont la France il y a une majorité de citoyens qui sont en faveur », a assuré la commissaire. « Si nos PME et nos grandes entreprises ont plus de possibilités d'exporter et de faire des affaires avec les États-Unis avec moins de droit de douane et de bureaucratie, cela crée du travail. Et s'il y a plus d'investissements en Europe aussi, ça crée du travail. Ce qui est bien pour l'économie et les citoyens », a-t-elle insisté, assurant que « tous les accords de libre-échange » conclus par l'UE « jusqu'à présent ont eu des effets positifs en termes de croissance », le dernier en date, l'accord avec la Corée du Sud, montrant l'exemple.

En termes de calendrier, Mme Malmström a confirmé espérer conclure le TTIP sous le mandat de l'actuel président américain, Barack Obama, vers la fin 2016. « C'est possible mais il reste beaucoup à faire. Le plus important est que ce soit un bon accord. Si ce n'est pas fini en décembre prochain, il faudra faire une pause et attendre la prochaine administration américaine », a-t-elle ajouté.

La commissaire a aussi promis plus de transparence des négociations TTIP, rappelant que le public avait déjà un accès sans précédent aux propositions européennes et que l'accès aux documents consolidés, c'est-à-dire « partagés avec les négociateurs américains », serait renforcé « pour les ministres, les élus européens et nationaux » en permettant leur consultation dans des salles de lecture.

Enfin, Mme Malmström a réaffirmé que « rien ne forcera, dans le TTIP, la privatisation des services publics tels que la santé, l'éducation et l'accès à l'eau » et qu'elle s'était « engagée à réformer le système de règlement des litiges investisseurs/États pour que cela ne soit pas une justice privée mais un système plus transparent, avec des juges prédésignés et un mécanisme d'appel ». (Emmanuel Hagry)

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