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Bulletin Quotidien Europe N° 11443
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) environnement

La fronde s'organise contre l'avis de l'EFSA sur le glyphosate

Bruxelles, 01/12/2015 (Agence Europe) - La fronde s'amplifie contre l'avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui a récemment conclu que le glyphosate n'était « probablement pas cancérogène ». Cela, alors même que l'OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) jugent, au contraire que ce pesticide est « probablement cancérogène » (EUROPE 11409).

La Commission européenne, toutefois, ne s'en émeut pas.

Dans une lettre ouverte rendue publique lundi 30 novembre, 96 scientifiques indépendants du monde entier ont demandé au commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, d'ignorer cet avis jugé « biaisé » et « trompeur ». Ils reprochent aux rédacteurs de l'avis du BfR allemand, sur lequel l'avis de l'EFSA est calqué, d'avoir utilisé, pour partie, des données dépassées et d'avoir fermé les yeux sur les recommandations de l'OCDE en matière d'évaluation.

« Pour que la science puisse efficacement guider les décisions en matière de santé publique, il faut qu'elle fasse preuve de clarté, de rigueur, de transparence et de sens commun. L'évaluation de l'EFSA présente de graves lacunes de ce triple point de vue », affirme le Professeur Chritopher J. Portier, l'un des signataires.

Interrogée par la presse au sujet de cette lettre, la Commission européenne a confirmé le même jour l'avoir bien reçue. « La réponse sera envoyée en temps utile. Le réexamen de l'évaluation du glyphosate a été réalisé en vue du renouvellement de son autorisation. La décision sera prise en juin 2016 », s'est contenté de répondre Enrico Brivio, porte-parole du commissaire.

Dans une réponse à la lettre de Greenpeace du 29 octobre, le commissaire répondait « s'agissant du processus de réévaluation par l'EFSA, j'ai pleinement confiance en sa solidité et sa crédibilité, non seulement parce qu'elle réunit l'expertise de l'EFSA et des instances d'évaluation des risques dans 28 États membres, mais aussi des agences supplémentaires comme l'ECHA » (l'Agence européenne des produits chimiques).

Greenpeace juge « préoccupant que l'expertise de l'UE et des autorités nationales conduise à une qualité scientifique si médiocre que 96 scientifiques ressentent le besoin de la contester ». (Aminata Niang).

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