Bruxelles, 01/12/2015 (Agence Europe) - Les sanctions contre la Russie en lien avec le conflit dans l'est de l'Ukraine pourraient être prolongées de six mois, a laissé entendre, mardi 1er décembre, le chef adjoint de la division bilatérale pour le Partenariat oriental du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Adriano Martins.
Interrogé lors d'une conférence à l'EPC sur la mise en oeuvre des accords de Minsk et les conséquences sur les sanctions envers la Russie, M. Martins a précisé qu'après avoir écouté le ministre des Affaires étrangères lituanien, Linas Linkevicius, qui a plaidé pour la prolongation des sanctions, et l'ambassadeur polonais auprès en Belgique, Artur Harazim, pour qui les sanctions devraient être prolongées pour « six mois supplémentaires », il était « facile de deviner quelle pourrait être la décision » européenne.
Le Conseil européen des 17 et 18 décembre devrait discuter du sujet. Une source du Conseil a précisé à EUROPE que le Conseil attendait les indications du Conseil européen pour prendre en main le dossier. Les sanctions économiques sont en vigueur jusqu'au 31 janvier 2016. Si elles étaient prolongées de six mois, elles seraient donc reconduites jusqu'au 31 juillet 2016.
Pour M. Linkevicius, les sanctions doivent être prolongées dans leur totalité. Il a précisé que, jusqu'à présent, il n'avait pas ressenti de résistance de la part des États membres pour cette prolongation. Et s'il y a parfois du scepticisme de la part de certaines capitales, « nous avons toujours réussi à avoir un accord et je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas », a-t-il expliqué. « Nous devons être cohérents », a souligné le ministre lituanien. Selon lui, l'UE doit être cohérente sur trois piliers: les accords de Minsk, les sanctions et le soutien à l'Ukraine. Les Européens ont lié la levée des sanctions à la pleine mise en oeuvre des accords de Minsk.
M. Linkevicius, tout comme M. Harazim, a précisé qu'il ne serait pas possible que les accords de Minsk soient mis en place pour la fin de 2015, comme initialement prévu. Les élections dans les régions de Donetsk et Lougansk n'auront lieu que début 2016, et le contrôle de la frontière devra ensuite être rendu aux Ukrainiens. (Camille-Cerise Gessant)