Bruxelles, 17/09/2015 (Agence Europe) - Le paquet de 500 millions d'euros proposé par la Commission européenne pour venir en aide aux agriculteurs en crise a reçu un accueil majoritairement positif au Parlement européen, lors d'un débat dans la soirée de mercredi 16 septembre, à Bruxelles.
Il y a eu, bien entendu, des divergences au sein de l'hémicycle sur le bien-fondé des mesures de gestion des marchés agricoles et certains députés auraient souhaité que la Commission soit plus ambitieuse.
Albert Dess (PPE, allemand) a demandé à la Commission d'utiliser les 900 millions d'euros du superprélèvement (amendes pour dépassement des quotas de production de lait) pour des mesures visant à stabiliser le marché du lait. Beaucoup de députés ont préconisé aussi cela. M. Dess a reconnu les divergences au sein du PPE et même au sein de son parti à propos de l'idée d'augmenter le prix d'intervention. « Personnellement, je n'aime pas beaucoup cela. Et je suis reconnaissant que le commissaire Hogan soit du même avis que moi », a déclaré M. Dess. Il a estimé qu'il serait plus efficace d'avoir un système selon lequel la Commission fixerait certaines quantités qu'elle pourrait retirer du marché à un prix donné. Ce serait efficace aussi pour limiter le pouvoir des grandes chaînes commerciales. « On ne peut pas régler les problèmes avec des instruments du passé, comme l'intervention », a-t-il résumé. Michel Dantin (PPE, français), par exemple, estime au contraire qu'en refusant d'augmenter le montant du prix d'intervention, la Commission « contribue à créer une ambiance malsaine entre les États membres ».
Pour Paolo De Castro (S&D, italien), le paquet proposé constitue un pas dans la bonne direction, une première réponse aux difficultés des agriculteurs « en crise profonde » des secteurs du lait, de la viande porcine et des fruits et légumes. Il a demandé d'améliorer le dispositif proposé de stockage privé pour le fromage.
« 500 millions d'euros, c'est une somme conséquente », a dit James Nicholson (CRE, britannique). Il a regretté notamment que la Commission refuse de revoir le prix d'intervention. « Les mesures de la Commission pourraient être insuffisantes », selon lui. Jan Huitema (ADLE, néerlandais) a critiqué les pays qui demandent une intervention sur les marchés. Matt Carthy (GUE/NGL, irlandais) s'est montré déçu par la réponse de la Commission. « Ce paquet est une occasion ratée », a-t-il lancé. Il a regretté le manque de solidarité envers les agriculteurs. Il craint une succession de crises agricoles.
« Proposer le stockage, c'est revenir aux politiques des années 70, avec des montagnes de beurre dans les frigos », a dit José Bové (Verts/ALE, français). Les producteurs veulent des prix qui couvrent les coûts de production (donc des outils de maîtrise de la production pour réguler l'offre et la demande), et ce paquet ne répond pas à leurs attentes, a expliqué M. Bové. Il a même déchiré le document avec les propositions de la Commission, en disant qu'il avait « honte des ministres de l'Agriculture qui ont signé cet accord et honte de la Commission qui continue cette politique ». (Lionel Changeur)