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Bulletin Quotidien Europe N° 11391
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) algÉrie

Alger prône une « démarche d'évaluation » et d'adaptation de son accord d'association

Bruxelles, 17/09/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et vice-présidente de la Commission, Federica Mogherini, a entamé, mercredi 16 septembre, une visite de deux jours à Alger centrée sur la relance et l'approfondissement de la coopération bilatérale et des échanges de vues sur la situation dans la région (EUROPE 11390).

Le ton a été donné dès le départ de cette visite - la première pour Mme Mogherini - par l'agence officielle APS qui, dans un long article, confirme des exigences algériennes déjà exposées lors de la plus récente session du Conseil d'association (juin 2015). L'Algérie demande officiellement « l'ouverture de discussions sur une évaluation conjointe, objective, de la mise en oeuvre de l'accord d'association », écrit l'agence. La démarche d'évaluation « ne vise nullement à remettre en cause l'Accord», mais à « l'utiliser pleinement » en « permettant un rééquilibrage des liens ».

Pour le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, « dans ce partenariat, l'Algérie a donné plus qu'elle n'a reçu ». L'agence officielle souligne en écho que « la position commerciale de l'UE n'a eu de cesse de se renforcer au détriment de l'économie nationale. En 2010, cette situation a amené le gouvernement algérien à procéder au gel unilatéral des concessions tarifaires accordées à l'UE en vertu de l'Accord d'association » et un « compromis sur le report à 2020 de la zone de libre-échange prévue en 2017 a été trouvé » après de longues négociations. Cependant, ajoute APS, « la tendance à l'accroissement du déficit commercial hors hydrocarbures s'est poursuivie » et « l'afflux des investisseurs de l'UE vers l'Algérie » est demeuré « faible».

Selon la même source répercutant un point de vue officiel en préalable à la visite de Mme Mogherini, « si l'Algérie a fait le choix de conclure d'abord l'Accord d'association avec l'UE et de négocier ensuite l'adhésion à l'OMC, c'est pour pouvoir bénéficier de l'appui du partenaire européen dans cette négociation. Cela ne s'est pas réalisé à ce jour ». Ce faible appui européen contraste avec l'affirmation du devoir, pour l'Algérie, d'adhérer à l'OMC, en préalable à l'adoption d'un « plan d'action relatif à la politique européenne de voisinage (encore) en cours de discussions ».

L'Algérie, qui risque de connaître à terme des difficultés de trésorerie suite à la chute des cours d'hydrocarbures, serait également déçue des faibles dotations de l'aide européenne à son économie: certes, « l'UE reste le premier bailleur de fonds avec une allocation totale, toutes subventions confondues, depuis les années 1980, avoisinant le milliard d'euros. Mais, dans la nouvelle programmation budgétaire (2014/2017), l'Algérie ne bénéficie que de 120 à 148 millions d'euros, contre 890 millions pour le Maroc et 246 millions pour la Tunisie ». Et l'Algérie « n'a pas caché son insatisfaction suite à cette dotation inappropriée par rapport aux objectifs ambitieux fixés par les deux parties », affirme l'agence, citant notamment la contribution de ce pays au « maintien de la paix et de la sécurité dans la région, contribuant directement à la neutralisation de fléaux et menaces affectant le partenaire européen ». (Fathi B'Chir)

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